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article paru dans Eglise en Ille et Vilaine du 7 septembre 2009

Réflexion sur le désir d'enfant

Sylvie BAGOT, psychologue
À l’occasion de la révision des lois de bioéthique la Pastorale de la Santé propose, le 24 septembre, à la Maison du Champ de Mars à Rennes, une soirée bioéthique autour du thème : « Réflexion sur le désir d’enfant aujourd’hui ».

En avant-première, Sylvie Bagot, psychologue au CECOS (Centre d’études et de conservation des oeufs et du sperme) présente les quatre points qui seront au coeur des débats et qui, d’une manière ou d’une autre, sont liés au « désir d’enfant », voire au « droit à l’enfant ».

Les techniques scientifiques et médicales évoluent très vite et suscitent sans cesse de nouveaux espoirs tout en posant des questions éthiques complexes qui se situent au carrefour du social, du juridique, du biotechnologique et de l’intimité d’un couple, ou d’un individu quant au désir d’enfant. Serait-on en train de passer d’une médecine qui soigne à une médecine instrumentalisée qui « donne » des enfants à qui le désire ?

Quatre questions sont au centre des débats préliminaires à la révision de la loi qui devrait paraître en 2010. L’anonymat pour le don de gamètes et d’embryons dans une société qui évolue vers une tendance à la transparence, à la traçabilité, à une certaine idéalisation du génétique qui permettrait de donner le fin mot sur l’origine…

L’accès de l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) aux femmes célibataires et homosexuelles qui dépasse le domaine médical et interroge le champ social. La médecine doit-elle permettre ce que la nature n’aurait jamais pu faire ? La liberté individualiste doit-elle prévaloir sur l’avenir et l’intérêt de l’enfant  ? Cette légalisation du désir pourrait- elle transformer un enfant en objet de droit et non en sujet de droit ?

La grossesse pour autrui et l’indisponibilité du corps qui pourrait dériver vers l’instrumentalisation du corps humain et faire l’objet d’un marché lucratif au détriment des plus pauvres. Avec des risques physiques et psychiques pour la femme qui, pendant la grossesse tisse des liens avec l’enfant qu’elle porte, et pour l’enfant qui devient l’objet d’un contrat. Sachant qu’au niveau du droit, une légalisation de cette pratique reviendrait à remettre en cause le principe en vigueur : la mère est la femme qui accouche.

L’insémination post mortem et toutes les questions que la congélation ouvre , par exemple en cas de décès du conjoint, ou autour du devenir des embryons qui ne font plus l’objet d’un projet parental. Pour s’orienter dans cette réflexion, deux positions éthiques s’affrontent : une éthique utilitariste , individuelle, volontariste, qui ne tient pas compte de l’autre ou l’utilise à ses fins propres ; et une éthique de la responsabilité qui prône une vision plus communautaire, intersubjective et tient compte de l’intérêt de l’enfant.

Conférence-débat le jeudi 24 septembre
« Réflexion sur le désir d’enfant aujourd’hui »
Maison du Champ de Mars, 6 cours des Alliés – Rennes 20h30 – Entrée libre.
Avec :
  • Mgr Pierre d’Ornellas, sur l’anthropologie chrétienne ;
  • Vincent Bourguet, philosophe ;
  • Guillaume Drago, juriste ;
  • Pr Dominique Le Lannou, chef de service du CECOS.
Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Décembre 2009