En avant-première, Sylvie Bagot, psychologue
au CECOS (Centre d’études et
de conservation des oeufs et du sperme)
présente les quatre points qui seront
au coeur des débats et qui, d’une
manière ou d’une autre, sont liés au
« désir d’enfant », voire au « droit à
l’enfant ».
Les techniques scientifiques et médicales
évoluent très vite et suscitent sans
cesse de nouveaux espoirs tout en posant
des questions éthiques complexes
qui se situent au carrefour du social,
du juridique, du biotechnologique et
de l’intimité d’un couple, ou d’un individu
quant au désir d’enfant. Serait-on
en train de passer d’une médecine qui
soigne à une médecine instrumentalisée
qui « donne » des enfants à qui le
désire ?
Quatre questions sont au centre des débats préliminaires à la révision de la loi qui devrait paraître en 2010. L’anonymat pour le don de gamètes et d’embryons dans une société qui évolue vers une tendance à la transparence, à la traçabilité, à une certaine idéalisation du génétique qui permettrait de donner le fin mot sur l’origine…
L’accès de l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) aux femmes célibataires et homosexuelles qui dépasse le domaine médical et interroge le champ social. La médecine doit-elle permettre ce que la nature n’aurait jamais pu faire ? La liberté individualiste doit-elle prévaloir sur l’avenir et l’intérêt de l’enfant ? Cette légalisation du désir pourrait- elle transformer un enfant en objet de droit et non en sujet de droit ?
La grossesse pour autrui et l’indisponibilité du corps qui pourrait dériver vers l’instrumentalisation du corps humain et faire l’objet d’un marché lucratif au détriment des plus pauvres. Avec des risques physiques et psychiques pour la femme qui, pendant la grossesse tisse des liens avec l’enfant qu’elle porte, et pour l’enfant qui devient l’objet d’un contrat. Sachant qu’au niveau du droit, une légalisation de cette pratique reviendrait à remettre en cause le principe en vigueur : la mère est la femme qui accouche.
L’insémination post mortem et toutes les
questions que la congélation ouvre , par
exemple en cas de décès du conjoint, ou
autour du devenir des embryons qui ne
font plus l’objet d’un projet parental.
Pour s’orienter dans cette réflexion,
deux positions éthiques s’affrontent :
une éthique utilitariste , individuelle,
volontariste, qui ne tient pas compte
de l’autre ou l’utilise à ses fins propres ;
et une éthique de la responsabilité qui
prône une vision plus communautaire,
intersubjective et tient compte de l’intérêt
de l’enfant.
| Conférence-débat
le jeudi 24 septembre
« Réflexion sur le désir d’enfant aujourd’hui » Maison du Champ de Mars, 6 cours des Alliés – Rennes 20h30 – Entrée libre. Avec :
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