Ce document de travail est le fruit d’une large consultation des catholiques d’Afrique. Le Pape le remettra solennellement le jeudi 19 mars à Yaoundé, la capitale du Cameroun, qui symbolise une « Afrique en miniature » : c’est un pays bilingue – français et anglais – avec toutes les autres langues ethniques, qui en outre, a une très grande diversité culturelle et religieuse. À Yaoundé, beaucoup de catholiques viennent se former.
Puis le Pape ira en Angola pour le 500e anniversaire de son évangélisation. En 1969, Paul VI s’était rendu à Campala où il a canonisé les martyrs de l’Ouganda (1880). Benoît XVI marche sur les traces de Jean Paul II qui était venu à Yaoundé le 14 septembre 1995 où, en présence des Évêques de 29 pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique Centrale et du Maghreb, il avait promulgué l’Exhortation Apostolique Ecclésia in Africa, fruit du premier Synode des Évêques consacré à l’Afrique en 1994.
Je souhaite vivement que l’Afrique ne soit plus oubliée dans ce monde en mutation profonde, et qu’une authentique espérance se lève pour les peuples de ce continent.
Benoît XVI en a donné les raisons : ce « sera un temps fort de réflexion sur l’annonce de l’Évangile dans un contexte marqué par de nombreux signes d’espérance, mais aussi par des situations préoccupantes. Je souhaite vivement que l’Afrique ne soit plus oubliée dans ce monde en mutation profonde, et qu’une authentique espérance se lève pour les peuples de ce continent. Il est du devoir de l’Église de défendre les faibles et de se faire la voix des sans voix. Je voudrais donc encourager les personnes qui travaillent à susciter l’espérance par un engagement résolu pour la défense de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Parmi ceux-là se trouve le bien fondamental de la paix et d’une vie dans la sécurité. La promotion de la paix, de la justice Benoît XVI va à la rencontre de toute l’Afrique et de la réconciliation est une expression de la foi chrétienne dans l’amour que Dieu nourrit pour chaque être humain. Que l’Église continue résolument à annoncer la paix du Christ en œuvrant, avec toutes les personnes de bonne volonté, à la justice et à la réconciliation. » (Aux Évêques de Centre Afrique, le 1er juin 2008)
Prions pour tous nos frères et sœurs africains qui, avec courage et patience, dans la foulée des missionnaires, annoncent à temps et à contre temps le mystère du Christ. En 1969, Paul VI leur disait : « Africains, vous êtes vos propres missionnaires. » 40 ans plus tard, l’Église d’Afrique est forte de ses 648 Évêques (18 Cardinaux), 32 370 prêtres (50 % autochtones), 64 000 religieux (ses), 23 580 grands Séminaristes, et 38 5000 catéchistes très actifs.
Voici la prière des Évêques d’Afrique, reprise par Jean-Paul II : « En cette veille d’une Pentecôte nouvelle pour l’Église en Afrique, à Madagascar et dans les îles adjacentes, le Peuple de Dieu uni à ses pasteurs se tourne vers Toi, Marie, et élève avec Toi sa prière : que l’effusion de l’Esprit Saint fasse des cultures africaines des lieux de communion dans la diversité, renouvelle les habitants de ce grand continent pour qu’ils deviennent des fils généreux de l’Église (…), germe et commencement sur la terre du Royaume éternel qui atteindra sa plénitude dans la Cité qui a Dieu pour bâtisseur : Cité de justice, d’amour et de paix. » (Fin de Ecclesia in Africa)