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Œcuménisme

Mariages interconfessionnels

L’Eglise catholique reconnaît pleinement la licité et la validité du mariage d’un(e) catholique avec un(e) baptisé(e) d’une autre Eglise chrétienne.

a) Préparation :

Il est souhaitable que la préparation d’un tel mariage soit réalisée dans un esprit œcuménique, c’est-à-dire avec l’aide des ministres respectifs des deux Eglises ; le prêtre catholique, en tout cas, poussera toujours le futur foyer à rencontrer, si ce n’est déjà fait, le pasteur protestant, le prêtre anglican ou le prêtre orthodoxe et il cherchera aussi à se mettre lui-même en contact avec ce ministre et à s’informer des pratiques pastorales de son Eglise.

Il aidera aussi les futurs conjoints à déterminer dans quelle Eglise - et donc, dans quelle paroisse - ils désirent célébrer leur mariage religieux. Les critères de choix sont nombreux, et souvent très relatifs à chacun des couples. Le dialogue sur ce sujet permettra d’aider un couple à dépasser, si possible, des motivations trop extérieures (« Nous voulons nous marier à l’église parce qu’elle est plus jolie que le temple ») pour en venir à des motifs de foi.

Quoi qu’il en soit, dans tout le temps de la préparation au mariage, il ne faut pas oublier qu’un mariage, interconfessionnel ou non, est d’abord l’union d’un homme et d’une femme qui fondent une communauté d’amour. De ce fait, la préparation d’un mariage interconfessionnel est pour une grande part semblable à la préparation de tout mariage.

La déclaration d’intention est donc de même nature que dans tout mariage catholique. S’y ajoute toutefois une difficulté qui tient au fait que l’Eglise catholique demande à la partie catholique de « faire tout ce qui dépend d’elle », dans le respect de l’unité du foyer, pour que les enfants soient baptisés et élevés chrétiennement dans l’Eglise catholique.

Mais il convient de tenir compte de ce que cette même obligation morale existe pour la partie non catholique vis à vis de sa propre Eglise. Il importe donc que l’expression « faire tout ce qui dépend d’elle » soit présentée par le prêtre dans l’optique première et fondamentale de l’unité du futur foyer : ainsi la communauté d’accueil pour le baptême et l’éducation chrétienne des enfants devra finalement être choisie par le foyer et non par un époux contre l’autre.

L’essentiel est quand même bien que, avant tout, les enfants soient élevés chrétiennement. De toute manière, nous invitons vivement le ministre catholique à avoir un dialogue approfondi avec le futur couple sur le sujet. Rappelons là aussi que les formules proposées de déclaration d’intention ne sont que des guides pour les futurs époux : une déclaration personnalisée est toujours préférable.

b) Dossier administratif :

Le prêtre qui prépare le mariage (qu’il soit en lien ou non avec le ministre de l’autre confession et que le mariage ait lieu ou non selon le rite catholique) doit établir un dossier comme pour un mariage habituel : extraits d’acte de naissance, certificats de baptême, déclaration(s) d’intention, et certificat de mariage civil si ce dernier a déjà eu lieu.

Le ministre catholique doit vérifier la liberté du futur conjoint : si l’un des deux a déjà été marié, fût-ce seulement civilement, la première démarche consiste à vérifier dans quelle mesure il peut être considéré comme libre au regard du droit de l’Eglise catholique : vu la complexité des situations pastorales et des pratiques ecclésiales sur ce point, le ministre aura intérêt à consulter le Bureau des Mariages ou le Délégué diocésain à l’œcuménisme.

Si le mariage a lieu selon le rite catholique, il convient d’obtenir l’autorisation pour mariage mixte.

Cas particuliers : Pour un mariage avec un(e) orthodoxe ou un(e) arménien(ne) apostolique, il faut l’autorisation de l’Eglise concernée sous peine de nullité à ses yeux. Par ailleurs, la situation peut être complexe dans le cas d’Eglises évangéliques. Dans ces divers cas, il est toujours préférable, avant toute démarche, d’en référer au Délégué diocésain.

Si le mariage a lieu selon un autre rite chrétien, la mention « et de forme canonique » figurera aussi sur la demande d’autorisation

Cas particulier : S’il s’agit d’une célébration dans une Eglise protestante, le prêtre veillera à ce que le dossier soit envoyé à temps avant le mariage civil, de manière à ce que la dispense puisse être accordée ; sinon, elle ne pourra l’être et il sera alors nécessaire de procéder à une sanatio in radice. De plus, dans un tel cas, le ministre catholique qui prépare le couple est responsable de la notification du mariage, une fois ce dernier célébré.

c) La célébration du mariage

Il n’y a pas, à proprement parler, de « célébration œcuménique » du mariage. La forme liturgique est celle choisie par les futurs époux : catholique, luthérienne, réformée, orthodoxe, anglicane... et correspond en général au lieu où est célébré le mariage. Toutefois, surtout pour des raisons pratiques (taille ou localisation du bâtiment), une Eglise peut tout à fait « prêter » un de ses locaux, à condition que cela apparaisse bien clairement à tous ceux qui assistent au mariage.

Si le mariage se déroule selon le rite catholique, c’est le prêtre qui reçoit les consentements ; un ministre de confession différente peut être présent et participer à la liturgie, par exemple par des lectures ou la remise d’une Bible. Mais il doit être clair pour tous que sa présence, si elle paraît souhaitable d’un point de vue fraternel et pastoral, n’est pas nécessaire pour la validité du sacrement.

Si le mariage est célébré selon un autre rite chrétien, c’est le même esprit qui est requis : la présence d’un prêtre n’est pas non plus nécessaire. Toutefois, dans le même souci que ci-dessus, elle apparaît souvent souhaitable.

Le problème de la communion eucharistique (et de l’hospitalité eucharistique qui est souvent souhaitée par les fiancés ou leurs familles) se pose pour plus d’un mariage où un des conjoints est protestant.

Dans la situation de communion imparfaite où nous sommes encore, la célébration de l’Eucharistie au cours d’un mariage soulève des questions délicates ; il n’est donc pas évident qu’elle doive être envisagée.

Si les futurs époux désirent que soit célébrée une messe de mariage, le prêtre devra leur montrer clairement la difficulté à accueillir à la table eucharistique le conjoint et sa famille non catholique, suivant la position de l’Eglise catholique sur le sujet, telle qu’on peut la trouver dans le récent Directoire œcuménique du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (1994) et une note de la Commission épiscopale française pour l’unité des chrétiens de 1983. Si, dans des circonstances particulières, après réflexion, le prêtre pense néanmoins souhaitable la célébration de l’eucharistie, il devra dans tous les cas demander l’autorisation à l’Ordinaire du lieu qui, seul, peut prendre la décision.

Dans la pratique, la question ne se pose que dans le cas où le mariage a lieu selon le rite catholique : en effet, les Eglises orthodoxes n’admettent pas à la communion eucharistique les non-orthodoxes et les Eglises issues de la Réforme n’ont pas l’habitude en France de célébrer la Sainte Cène à l’occasion d’un mariage.

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Avril 2007