Louis Emmanuel de la Foye sera ordonné prêtre du diocèse de Rennes, le 3 juillet 2011, en la cathédrale Saint-Pierre de Rennes par Mgr d’Ornellas. Pour mieux le connaître :
Écoutez l’interview complet sur RCF Alpha dans l’émission Au cœur de la foi :
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EIV : Vous avez baigné dans un univers familial propice, c’est cela qui vous a fait découvrir Jésus ?
Louis-Emmanuel : C’est mon parcours personnel, il y a d’autres séminaristes qui auraient d’autres témoignages, qui n’ont pas vécu du tout dans un milieu catholique et le Christ est venu à eux en quelque sorte d’une manière un peu surnaturelle. Moi, ce n’est pas tout à fait cela, j’ai grandi dans une famille catholique qui m’a beaucoup porté, mais en même temps j’ai toujours adhéré personnellement à Jésus Christ, je ne me suis jamais senti contraint par exemple d’aller à la messe ou d’observer des commandements que mes parents me disaient au nom de leur foi chrétienne.
Comment réagit une famille à l’annonce d’un fils disant : « Voilà j’ai trouvé ma voie, je veux être prêtre » .
Chez mes parents, il y a eu deux réactions,
la première de surprise car j’ai eu
un parcours zigzaguant. Donc quand je
leur ai annoncé que je rentrais au séminaire,
ils se sont dit que c’était encore
un essai et que cela n’allait pas durer. Et
puis je suis rentré en 1re année, puis en
2e année, puis en 3e année… et quand ils
ont vu que je m’épanouissais au séminaire
et que j’étais fidèle à mon choix,
leur surprise s’est transformée en joie.
Mes parents, mes frères et sœurs, mes
neveux et nièces sont très contents. J’ai
une place sympathique dans ma famille.
Choisir le Christ, c’est toujours renoncer à quelque chose…
En fait ma vie de séminariste n’est pas si différente de celle que j’avais avant, j’ai un parcours chrétien et j’essaye de vivre les commandements de Dieu du mieux possible. De ce point de vue-là, pour le moment, je n’ai pas l’impression de renoncer à grand-chose. Après je sais que je renonce à gagner de l’argent, à avoir une femme, des enfants, mais ce sont des choses qui ne sont pas pesantes.
Vous allez être un prêtre hyper sollicité. Comment allez-vous concilier cela avec cette nécessité de la prière que l’on peut imaginer ?
C’est déjà difficile comme séminariste de prier… Mgr d’Ornellas a dit justement « Il faudra être féroce avec la prière ». Je crois que c’est très vrai, nous sommes effectivement dans un monde qui sollicite beaucoup que l’on soit prêtre ou pas et il faut se battre pour trouver le temps de prier et d’être fidèle à l’intériorité que nécessite la vie de prêtre.
Quelle est la phrase que vous avez choisie pour votre ordination ?
Ce sera un extrait de la première épître de Saint Pierre : « À l’image du Dieu Saint qui vous a appelé, soyez Saint ». Je l’ai choisi car être disciple du Christ c’est vouloir être saint et le prêtre n’échappe pas à cette vocation à la sainteté.
Depuis 27 ans, j’ai la chance de toucher à beaucoup de choses et cela peut paraître
parfois un peu décousu, mais il y a une ligne directrice : j’ai toujours cru en Jésus Christ, j’ai toujours voulu qu’Il guide ma vie.
Je ne crois pas me rappeler d’instant où je n’ai pas cru en Jésus Christ. Même si j’ai grandi dans une famille catholique, j’ai toujours adhéré personnellement à Jésus Christ et depuis tout petit j’ai voulu être fidèle à la foi de l’Église et en même temps apprendre à connaître Jésus. Je me suis toujours dit – sans me bloquer sur la vocation sacerdotale ou un avenir de prêtre – : « Jésus Christ veut ton bonheur, il faut donc pouvoir discerner où Jésus Christ t’attend ».
Au départ, je voulais être architecte, après mon Bac je n’ai pas été pris à l’école d’architecture que j’avais présentée… et puis un concours de circonstances a fait que, en commençant mes études d’architecture, je me suis aussi sérieusement posé la question de la vocation sacerdotale ; je suis donc revenu à Rennes pour faire un IUT de gestion, proche de mon milieu d’origine, pour être au calme, pour discerner si vraiment le Christ m’appelait à être prêtre ! Cela m’a demandé beaucoup de temps de réflexion et du courage pour accepter : « le Christ te veut comme prêtre ».
Le fait que l’Église m’appelle authentifie cette vocation, c’est-à-dire qu’à travers Mgr d’Ornellas qui m’a appelé au sacerdoce et qui m’ordonnera prêtre, je reçois en quelque sorte comme une validation de mon cheminement spirituel et intellectuel.
Dans ma future vie de prêtre, j’en suis sûr, il y aura des choses difficiles, mais en même temps il y aura du travail, j’aurai beaucoup de choses à faire. Ce qui me marque le plus, c’est qu’aujourd’hui, je n’ai jamais rencontré de manière brutale des hostilités. Il y a une forme d’indifférence un peu latente par rapport à l’Église, mais dès que l’on rentre en contact avec des personnes non croyantes, non pratiquantes, l’indifférence se transforme en intérêt.
Quand l’Église va vers les personnes « indifférentes », on se rend compte en fait qu’il n’y a pas d’indifférence. Les questions de foi, de religion, de spiritualité sont éteintes par le monde, mais dès que quelqu’un est là pour les réveiller, les gens s’y intéressent et font confiance à l’Église.
Je finis donc un temps de formation de six années, pour commencer une nouvelle vie à laquelle j’ai essayé de me préparer avec sérieux. J’ai une grande confiance en l’avenir parce que je m’engage pour un diocèse que j’aime et avec des personnes qui m’ont montré plus d’une fois leur soutien et leur amitié.
Comme disciple je crois fermement que Jésus-Christ m’accompagnera pour devenir un prêtre heureux et saint.
Louis-Emmanuel de la Foye
Ces articles sont souvent extraits du bimensuel Eglise en Ille-et-vilaine... DEMANDEZ-NOUS UN N° GRATUIT !