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À cette amitié, il faut joindre la relation qu’il entretint avec « le plus saint prêtre de Rennes », l’abbé Belier alors chapelain de l’Hôpital Saint-Yves. Avec lui, le jeune Claude-François apprit l’importance de nourrir « les âmes par le catéchisme », en particulier celles des plus pauvres.
Claude-François Poullart des Places laissa le droit pour la théologie. Il avait 22 ans. À la Pentecôte 1703, le 27 mai, âgé seulement de 24 ans, il fonde le Séminaire du Saint-Esprit où sont formés des prêtres appelés à vivre pauvrement pour aller là où les pauvres attendent la Bonne Nouvelle de Dieu. Cela deviendra la Congrégation des Pères du Saint-Esprit ou encore des Spiritains. Six ans plus tard, pauvre parmi les pauvres, à Paris, il remit sa vie à Dieu et son corps disparut dans la fosse commune de Saint-Étienne du Mont.
Claude-François est d’une modernité étonnante. « Nous nous engageons, écrit-il, à rechercher l’honneur de l’Esprit-Saint d’abord au-dedans de nous, par un esprit de docilité parfaite. Il faut se laisser gouverner par le Saint-Esprit, ne suivre que ses impressions. » Il anticipe l’enseignement du Concile Vatican II qui parle de « l’oeuvre divine à laquelle les prêtres sont appelés par l’Esprit-Saint ». Le prêtre, continue le Concile, « confiant dans l’Esprit », « enchaîné pour ainsi dire par l’Esprit, se laisse conduire en tout par la volonté de celui qui veut que tous les hommes soient sauvés » .
Mort le 2 octobre 1709, il y a trois cents ans, Claude-François demeure un jeune de Rennes dont l’idéal nous inspire tous.
C’est pourquoi il est juste et bon qu’une paroisse de Rennes soit confiée à ses fils : trois Spiritains ont été nommés à la Paroisse du Bienheureux Frédéric Ozanam, là où une rue porte son nom. C’est par fidélité à Claude-François Poullart des Places que les Spiritains sont là, humbles témoins de ce don que l’Esprit-Saint a fait à un jeune Rennais, il y a 300 ans, et qu’il continue de faire à certains qui sentent en eux brûler le désir d’annoncer le Christ.
Les Spiritains ont évangélisé bien des régions d’Afrique. Claude-François Poullart des Places pouvait-il imaginer un instant les fruits de cette évangélisation ?
En tout cas, 300 ans après sa mort, Benoît XVI ouvrira la seconde Assemblée synodale pour l’Afrique, dont le thème est : « L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. » On se souvient que Benoît XVI était en Angola et au Cameroun pour donner aux évêques Africains le texte de travail pour ce synode qui durera trois semaines.
Prions l’Esprit-Saint afin qu’il éclaire les évêques présents. Par leurs réflexions et leurs prises de parole, ils conseilleront le Pape.
(1)– Cf Presbyterorum Ordinis chapitre n° 15 , l’un des documents du concile, lien direct ou ici sur le site du Vatican, mais dans une présentation moins agréable.