Église en Ille-et-Vilaine : Comment est né le Chemin de Croix vivant de Monthault ?
Hervé Guérin : L’abbé Lasalle, curé de
Mellé et Monthault à l’époque, souhaitait
mettre en place un chemin de Croix
vivant dans l’esprit de celui de Lourdes.
Pour interpréter les rôles, il s’est tourné
vers la petite troupe de théâtre qu’il avait
montée quelques années auparavant.
Tous ont accepté et restent fidèles depuis
25 ans. Nous avons consacré une année
à la préparation des décors, du podium,
des costumes ; un ébéniste a réalisé des
petites croix, qui sont bénies et données
(maintenant vendues) au public.
Pour quelles raisons continuez-vous à interpréter
le rôle du Christ depuis 25 ans ?
Quand le père Lasalle m’a proposé le rôle
du Christ, je pensais que ce ne serait que
pour 1 ou 2 ans. J’avais un peu peur que
les gens rient et à ma grande surprise
ils ont assisté au Chemin de Croix avec
recueillement. Au fil des années, de plus
en plus de personnes sont venues participer
au Chemin de Croix, même les
années de mauvais temps : entre 700 et
2 000 personnes. L’intérêt manifeste pour
cette célébration m’a incité à continuer.
Ce rôle a-t-il influencé votre façon de vivre
votre foi ?
J’ai accepté le rôle en tant que croyant
mais j’ai très vite cherché des livres pour
me former. Un ouvrage m’a particulièrement
marqué et nourri : L’Évangile tel qu’il
m’a été révélé de Maria Valtorta.
Je n’ai jamais eu l’impression, en incarnant
le Christ, d’afficher ma foi puisque
la foi ne doit pas être cachée. Par contre,
je constate que cela aide à en parler, à
transmettre sa foi, à mes enfants surtout
: voir son père et sa mère (interprète de
Marie) participer à cette célébration
leur a permis d’avoir une foi plus sûre.
Est-ce que vous vous préparez pour vivre
ce moment ?
Spirituellement, c’est comme d’habitude
comme je pense à Dieu tous les jours !
Par contre physiquement, je dois dès
décembre entamer un régime pour atteindre
les 61 kg que j’avais il y a 25 ans !
Et puis 2 mois avant je laisse pousser la
barbe.
Quels sont les moments les plus forts du
Chemin de Croix ?
Lorsqu’avec tous les acteurs je descends
en procession au bas du Rocher pour entamer
le Chemin de Croix, nous traversons
la foule qui est totalement silencieuse
: cela me donne à chaque fois la
chair de poule,
et la dernière station, la Résurrection. C’est l’étape la plus importante, celle qui
nous donne l’Espérance.
Ces articles sont souvent extraits du bimensuel Eglise en Ille-et-vilaine... DEMANDEZ-NOUS UN N° GRATUIT !