Il accomplissait aussi les quarante jours durant lesquels le Prophète Elie marcha pour aller sur la montagne, là où Dieu s’est révélé à lui, le remplissant de zèle, c’est-à-dire de charité.
Et si le Carême était pour nous un temps de « désert » pour retrouver la source de la charité et y boire à longs traits ? En effet, le Carême est avant tout un temps spirituel, un temps où nous nous posons, en essayant de sortir du stress, de la rapidité des activités qui nous entraînent, ou de la monotonie avec laquelle nous les enchaînons les unes aux autres. Le Carême est un temps extraordinaire qui nous sort de l’ordinaire, de l’habitude qui nous fait passer, sans nous en rendre compte, d’un jour à l’autre.
Oui, le Carême est un temps spirituel.
L’Église nous offre ces quarante jours car elle sait que nous en avons besoin. N’est-il pas vrai que nous avons besoin de laisser naître en nous la soif de l’Évangile, la soif de Dieu ? N’est-il pas vrai que nous éprouvons un urgent besoin de boire à la source de l’amour ? N’est-il pas vrai que nous sentons plus ou moins confusément qu’il nous faut apprendre ou réapprendre la vérité de l’Évangile : aimer Dieu et notre prochain ?
Suivons donc le Christ qui a vécu son Carême.
Il s’est d’abord retiré au « désert ». Quel sera notre « désert » à nous ? Un temps de prière chaque jour ? Une journée ou un week-end de prière ? Une attention renouvelée à notre participation à l’Eucharistie ?
Au désert, le Christ jeûna. Quel sera donc notre jeûne ?
Manger ou boire plus sobrement ? Utiliser moins souvent les médias ? Surfer de façon plus modérée sur la toile internet ? Restreindre ses divertissements ? Si nous voulons retrouver la source intérieure et y boire, comment ne pas jeûner ? Pas moyen d’aller s’y désaltérer, d’entrer en intériorité et en dialogue avec le Christ, sans supprimer ce qui nous maintient dans l’extériorité, à la superficialité de nos vies. Pas moyen de rencontrer Dieu sans ménager des espaces de silence. Le « désert » du Christ était silencieux. Où sera donc notre silence dans notre société si bruyante ?
Le Christ s’est nourri de la Parole de Dieu.
Qu’est-ce à dire sinon qu’il a écouté Dieu lui parler. Et nous, comment allons-nous laisser Dieu nous parler ? En méditant l’Écriture Sainte ? En choisissant un livre biblique que nous voulons lire pas à pas ? En découvrant les Psaumes ? Ou encore, en lisant un témoin qui a écouté Dieu et qui s’est laissé transformer par Lui ? Lire les écrits d’un saint, c’est par lui entendre le Christ nous parler. Ces quarante jours sont le Carême de l’Année Sacerdotale. Avec le livret qui vous est proposé, découvrez saint Jean-Marie Vianney*, ce pasteur brûlant d’amour, à la suite du Christ. Découvrez aussi le don gratuit que le Christ vous fait en donnant des prêtres à son Église.
Alors, au terme des quarante jours, nous aurons grandi en charité.
Comme le Prophète Elie, nous serons davantage heureux de brûler de zèle. Comme Moïse, notre coeur sera touché par la Loi de Dieu qui fera, comme dit l’Écriture, notre joie. Grâce à ces quarante jours, nous serons davantage disciples du Christ Ressuscité, lui qui nous a aimés et qui s’est livré pour nous. Bon et joyeux Carême !
* Un livret de Carême est proposé gratuitement dans le diocèse de Rennes, sur les pas de saint Jean-Marie Vianney
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