Jeudi 23 Mai 2013

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Mgr d'Ornellas : « En vivant la Semaine Sainte, nous méditons sur l'amour. »

En vivant la Semaine Sainte, nous méditons sur l’amour.

Le coeur de l’homme est ainsi fait qu’il aspire toujours à aimer et à être aimé. Il cherche l’amour vrai, celui sur lequel il peut se fier absolument. C’est pourquoi la tradition juive enseigne la valeur pour tout homme : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même.  » Les prophètes rappellent les actes concrets, petits et grands, auxquels invite ce commandement central que les chrétiens reçoivent en héritage. Oui, plus que tout, nos coeurs aspirent à l’amour. De lui, naît la véritable justice.

Rien n’est plus vrai que l’amour car rien n’est plus adéquat au coeur humain. Tant d’expériences quotidiennes, souvent inaperçues, le montrent. La récollection, ce dimanche 18 mars, avec les correspondants « Diaconia 2013 » l’a manifesté : poser un regard d’amour vrai donne consistance à la solidarité qui soutient les personnes fragiles. Car l’amour établit une relation gratuite qui va d’une personne à une personne. Cette aspiration nous est dite dans la belle question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » L’évangéliste conduit son lecteur à la véritable réponse vers laquelle il l’avait déjà orienté. En effet, avant la question de Pilate (Jn 19), le lecteur pouvait s’arrêter sur l’affirmation : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Où voir cet amour-là ? Sur la Croix. En la personne du Crucifié, se dévoile « le plus grand amour ». Celui qui dit « je suis la vérité » se révèle tout entier quand il livre sa vie dans l’acte d’amour le plus grand qui soit.

Face au mal consenti ou délibéré, commis par omission ou par action, l’amour le plus grand se révèle comme pardon : « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34) C’est ainsi qu’il est parfaitement juste. De cet amour unique naît le salut pour tous.

Aimer n’est pas facile. Cela ne l’a jamais été. La route de l’amour évangélique est « étroite ». Elle se parcourt, avec la grâce de Dieu, selon un « combat » de chaque jour : choisir librement d’aimer en résistant aux tentations de mal faire ou mal dire. Choisir d’aimer sans attendre une contrepartie, c’est le secret d’une liberté vraiment libre car l’homme ainsi libre n’est pas esclave de son propre besoin.

Le Crucifié ouvre la route « étroite » pour aimer en unissant douceur et souffrance. En effet, Jésus est « doux et humble de coeur ». Il est aussi celui qui a pleuré sur Jérusalem : « mes yeux ruissellent de larmes car on n’observe pas ta loi. » (Ps 118, 136) En lui, la douceur coexiste avec la souffrance de voir ses « amis » blessés dans leur dignité d’enfants de Dieu. Chez lui, la souffrance ne produit pas l’amertume qui souvent nous habite quand, aimant les blessés, nous nous engageons contre ceux qui blessent avec violence, peut-être intérieure mais contraire à l’appel de Jésus : « Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur. » Chez lui, la douceur n’est pas passivité. Il est monté résolument vers Jérusalem et ses dialogues sont incisifs.

Les disciples de Jésus, douloureux devant la souffrance de leurs frères et soeurs, sont appelés à aimer en gardant la douceur du coeur. De cet amour surgissent les prophètes au milieu d’un monde de duretés.

Telle est la manière d’aimer selon Jésus-Christ. Ses Béatitudes relient les doux à ceux qui pleurent : « Bienheureux les doux… Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. » De l’amour vrai, naît enfin la joie !

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Mars 2012

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