Dimanche 26 Mai 2013

L’Eglise et la société

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Populorum progressio, fruit de toute une vie

François-Régis Hutin, journaliste et PDG de Ouest France

Voici un extrait de la conférence que François-Régis Hutin a donné au colloque Populorum progressio, vendredi 5 octobre 2007 à l’Abbaye de Saint-Jacut de la Mer. Il y fait le lien entre les intuitions et la vie du Père Lebret, et l’Encyclique Populorum Progressio, à laquelle il a fortement contribué.

> Le texte intégral est téléchargeable en bas de la page.


  Voir aussi Le père Louis-Joseph Lebret

« Chaque homme devant moi, le plus évolué comme le plus primitif, chaque homme comme moi est porteur de cette possibilité de connaissance, de cette réalité de liberté, de cette capacité d’amour... J’ai, dès lors, un très grand respect pour n’importe quel enfant, fils de prince ou fils de clochard. Ils sont tous de race spirituelle... Je l’aime en lui-même, pour lui-même, parce qu’il est grand, étant l’un des hommes, parce que dans l’univers il est une réussite, un sommet, parce qu’il est appelé à plus de grandeur... Je ne veux pas me substituer à lui, mais lui faciliter l’avancée vers la grandeur... »
Père Lebret.

Qu’est-ce que la grandeur de l’homme ? C’est sa dignité. « C’est connaître plus et avoir plus pour être plus », comme le dit Populorum Progressio qui ajoute « par le seul effort de son intelligence et de sa volonté, chaque homme peut grandir en humanité, valoir plus, être plus ». Et là, nous retrouvons du Père LEBRET pur, dans cette citation de l’Encyclique : « comme la vague à marée montante pénètre un peu plus sur la grève, ainsi l’humanité avance sur le chemin de l’histoire ».

Cependant, force est de constater, dit le Père LEBRET, que « l’échec humain est massif en nous et autour de nous, bien peu d’hommes parviennent à l’épanouissement. La plupart d’entre eux ne sont pas libres : les structures économiques, sociales, politiques et même parfois religieuses étouffent en eux la possibilité d’un choix authentique ».

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Le père Louis-Joseph Lebret
L’oeuvre du père Louis-Joseph Lebret a débuté auprès des pêcheurs bretons. Après avoir observé leurs conditions de vie et de travail, il les aida à s’organiser.
© DR

Le Père LEBRET éprouve un violent amour pour ceux qu’il appelle « mes frères en humanité ». Il est envahi d’une profonde tristesse parce que, trop nombreux, « Ils sont morts, meurent et mourront sans avoir connu leur grandeur ». Mais, comme Louis-Joseph LEBRET, Populorum progressio ne s’arrête pas à ces aspects affectifs. Il faut regarder les structures. Ce sont les structures qui sont agressives, « structures oppressives issues des abus de la possession » souligne l’Encyclique.

Déjà, en 1947, le Père LEBRET dans sa Lettre aux Américains disait : « la structure capitaliste investit en vue du profit capitaliste, non en vue des besoins du monde. Le capitalisme met en valeur à son profit... En somme, il faut opérer un renversement de la vision capitaliste pour atteindre une vision humaniste ».

Populorum progressio en appellera, vingt ans plus tard, « à la recherche d’un humanisme nouveau » et proclamera « le monde est malade ! ». Louis-Joseph LEBRET disait déjà en 1947 : « tout délai ne peut qu’aggraver la maladie du monde, jusqu’à rendre tout rétablissement impossible ». C’était encore dans la Lettre aux Américains.

Aller vers une condition plus humaine, c’est le message de Populorum progressio pour que « s’accomplisse en plénitude le vrai développement qui est le passage de chacun et pour tous de conditions moins humaines à des conditions plus humaines » (20/5). Et Louis-Joseph LEBRET donnait sa définition du développement en termes identiques et un peu plus étendus : « le développement est la série des passages, pour une population déterminée et pour des fractions de population qui la composent, d’une phase moins humaine à une phase plus humaine, au rythme le plus rapide possible, au coût le moins élevé possible, compte-tenu de la solidarité entre les fractions de la population nationale et compte-tenu de la solidarité entre les nations ».

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François-Régis Hutin

Solidarité, là encore, le mot sous-tend toute l’encyclique Populorum progressio : « la solidarité universelle qui est un fait et un bénéfice pour nous est aussi un devoir » (17/4). Et encore « le devoir de solidarité des personnes est aussi celui des peuples » (48/11). Et Populorum progressio en appelle à « un sens plus aigu de la solidarité pour aller vers un monde solidaire » (64/20). Cette solidarité, le Père LEBRET ne cesse de l’évoquer, d’y appeler et elle est fondée sur le violent amour qu’il éprouve pour ceux qu’il appelle « nos frères en humanité ».

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Populorum progressio
Conférence de F.-R. Hutin, 5 oct. 2007
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  Télécharger le texte intégral de cette conférence

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : 12 avril