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1. le Christ nous parle
« Avance au large. » Telle est l’invitation de Jésus. Il la prononce avec beaucoup de bonté. Il connaît nos faiblesses et nos hésitations. Il nous comprend. C’est pourquoi, avec beaucoup de douceur, il murmure au fond de nos cœurs « avance au large ».
Mais le Seigneur ne prononce pas cette parole en raison de nos faiblesses. Il nous a choisis. « Ce qui est fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi… ; ce qui n’est rien dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi dans le monde », nous rappelle saint Paul comme nous venons de le chanter. Oui, mes amis, vous êtes choisis pour annoncer la Bonne Nouvelle. Le Christ vous a choisis pour aller au large.
L’Évangile que nous venons d’entendre nous précise que Jésus prononce « avance au large » après avoir enseigné les foules. Il parle et les foules écoute la Parole de Dieu. Jésus se fait ainsi connaître. Son Évangile devient peu à peu parole de vie. Son amour n’est plus une idée abstraite, mais un feu qui peu à peu s’embrase en nos cœurs. Son pardon n’est plus un concept étranger à nos vies ou à la vie du monde, mais une force de paix et de réconciliation, une force qui remet debout. Dieu n’est plus le grand absent ou celui qui est lointain, mais un Père, riche en bonté et tout proche, très proche. Quand Jésus parle, alors nous nous sentons aimés. Une force naît en nous.
Oui, Jésus nous dit « avance au large » après nous avoir parlé, enseigné. Chacun ici, chaque chrétien du diocèse a son histoire avec le Christ. Chacun de nous, nous nous souvenons des paroles que le Seigneur a prononcées dans nos cœurs. Il nous est bon d’en faire mémoire, de les laisser s’exprimer en nous.
Peut-être cette parole a-t-elle éveillé en nous une soif de l’entendre davantage. Peut-être a-t-elle fait naître en nous le désir de la partager à d’autres. Peut-être a-t-elle fait surgir un attrait nouveau pour la prière, pour l’Eucharistie. Peut-être nous a-t-elle donné envie d’aller vers les jeunes et les enfants pour leur apprendre la beauté de la foi et la joie de l’Évangile. Peut-être la parole du Christ nous a-t-elle mis debout pour aller vers le plus pauvre en l’aimant, comme si cette parole avait provoqué un amour nouveau et un élan renouvelé pour aller vers.
Bref, le Christ nous a parlé. Comme saint Paul, nous l’avons rencontré. Dans cette rencontre, Paul a reçu un regard nouveau, nous disent les Actes des Apôtres. Le Christ nous fait changer de regard sur nous-mêmes, sur les autres, sur les membres de notre famille, sur les chrétiens de notre communauté, sur les habitants de notre commune ou de notre quartier. Grâce au Christ et à sa parole, chacun de nous, à son rythme, là où il en est, porte le souci de l’Évangile, d’une manière ou d’une autre.
2. le Christ nous envoie au large
C’est pourquoi, le Christ nous dit maintenant : « avance au large ». Il sait quelle parole nous habite, il sait quelle espérance nous anime, il sait quel amour s’est éveillé en nous, il sait quelle foi vivante a germé en nos vies. Bien sûr, cela n’est pas parfait ; nous avons des questions ; nous avons nos faiblesses. Mais, le Seigneur nous a parlés. Une parole a retenti en nous qui est parole de vie, parole de feu, parole de Dieu. C’est pourquoi, il nous envoie au large pour participer à sa mission.
Le Christ veut aller vers tout homme. Il aime chaque homme d’un tel amour ! D’un amour immense. Il veut donner l’espérance à tous. Il veut écouter chacun. Il veut donner sa paix. Il veut que tous soient sauvés. Il veut donner la lumière de la foi à ceux qu’il appelle à sa mission. Il veut faire entendre son appel à le suivre de façon plus particulière dans la vie consacrée ou dans le ministère de prêtre. Le Christ veut… Il a soif.
Mais le Christ accomplit son œuvre par les chrétiens. Depuis Saint Mélaine, le premier évêque de notre diocèse, le Christ se fait connaître ici par ceux à qui il a parlé et qu’il a envoyés au large. A la suite de saint Melaine, d’autres saintes et saints innombrables sont allés au large pour annoncer la Bonne Nouvelle. Parmi eux, Marcel Callo, un jeune, et Jeanne Jugan, une femme.
Aujourd’hui, le Christ marche par nos pieds. Le Christ écoute par nos oreilles. Le Christ parle par nos paroles. Le Christ aime par nos cœurs. Le Christ apaise par notre présence. Le Christ donne sa tendresse par nos gestes de tendresse. Le Christ réconcilie par nos mains qui renouent des relations brisées. Le Christ se fait connaître par notre témoignage. Il fait de nous ses témoins en nous disant « avance au large ; n’aie pas peur ; garde courage. »
En nous envoyant ainsi après nous avoir nourri de sa parole, il ne nous laisse pas seuls. Il ne laisse pas nos communautés chrétiennes à leurs propres forces. Il nous fait une promesse : « je vous enverrai ce que mon Père a promis » ; « ne quittez pas Jérusalem avant d’avoir reçu une force, celle de l’Esprit Saint ».
3. le Christ nous donne son Esprit
Ce soir en cette veille de Pentecôte, appelons l’Esprit-Saint, accueillons l’Esprit Saint. Demandons-lui de venir en chacun de nous, de descendre au fond de nous-mêmes, là où il y a une amertume, une blessure, un blocage. Oui, demandons-lui de venir au fond de nous, là où nous en avons besoin. Demandons à l’Esprit Saint de venir en chacune de nos familles, en chacune de nos communautés chrétiennes, en chacune de nos équipes, en chacune de nos paroisses. Ce soir renouvelons notre foi en l’Esprit Saint. Il est l’âme de l’Église. Il est l’Architecte de la Maison de Dieu. Il est le feu qui brûle au cœur de nos vies. Il est le Conseiller qui nous indique le chemin. Il est l’ami des humbles qui veulent faire la volonté de Dieu. Il est la lumière qui éclaire sans cesse le visage de Jésus et nous le fait connaître. Il est l’Esprit de paix qui réconcilie, apaise et guérit.
L’Esprit est l’Esprit de la Mission, celui qui nous envoie sur les chemins de nos communes et de nos quartiers, sur les chemins de nos écoles et de nos maisons de santé, sur les chemins de nos prisons et de nos lieux de loisirs, sur les chemins de nos lieux de travail et de convivialité, sur les chemins des familles pour que nous y annoncions l’Évangile, pour que nous soyons humblement témoins de l’Amour que nous avons reconnu. Oui, l’Esprit Saint est tel que quand il touche un cœur, celui-ci ne peut plus vivre comme avant, il ne peut plus faire comme si rien ne s’était passé. Que l’Esprit Saint descende sur chacune de nos communautés chrétiennes, sur chaque paroisse du diocèse pour qu’elle avance au large sur les chemins de la mission.
Depuis la Pentecôte, la folie de l’amour a emporté les communautés des croyants au large. Qu’en cette fête de Pentecôte 2009, deux ans après la magnifique Pentecôte 2007, l’Esprit-Saint soit l’âme invisible et le feu vivant de chacune des paroisses du diocèse. Telle est notre prière. Telle est notre foi.
Seigneur, nous croyons en toi. Nous savons que tu nous as choisis pour porter au monde la Bonne Nouvelle de ton amour. Nous désirons annoncer le Christ ressuscité aux 25-45 ans afin qu’ils sachent combien ils sont aimés de Dieu. Tu nous dis « avance au large ». Nous nous appuyons sur ta promesse : envoie-nous ton Esprit Saint, Esprit de paix et de lumière, Esprit de douceur et de sainteté, Esprit de vérité et de réconciliation, Esprit de charité qui fait entrer dans la folle aventure de l’amour qui, depuis la Pentecôte, emporte hommes et femmes, enfants, jeunes et moins jeunes dans le mouvement magnifique et passionnant de l’annonce de l’Évangile. Que l’Esprit Saint nous entraîne tous dans la folle aventure de la mission vers tous, en particulier vers les 25-45 ans, pour que nous soyons pour aujourd’hui les témoins de l’Amour dont Dieu aime le monde.