
La Société Saint-Vincent de Paul a choisi la solitude comme thème de sa campagne 2011 : « Pas de solitude dans une France fraternelle ». Avec un thème différent pour chaque mois : l’accompagnement des « bras cassés de la vie », des mamans, des familles, des personnes handicapées, des jeunes en difficulté, des personnes mal logées… Comment cela se vit-il dans notre département ? Réponse de Madeleine Thémines, présidente départementale.

Première constatation : la solitude n’est pas que le fait des personnes âgées. Pour répondre aux besoins des diverses tranches d’âges et de populations, les Conférences Saint-Vincent de Paul savent se montrer inventives. L’un des premiers lieux d’accueil, c’est le local : les personnes viennent y chercher un colis alimentaire mais aussi des contacts. D’où l’idée de créer les « Jeudis de partage et d’échange ». « Deux fois par mois, nous accueillons les personnes en difficulté pour un temps de partage, et nous essayons de favoriser l’écoute mutuelle. L’objectif : apprendre à se connaître, voir les problèmes et permettre aux bénévoles de voir ce qu’il est possible de faire pour résoudre des situations souvent douloureuses ». Ce que Madeleine résume en une phrase : « Avancer ensemble pour que chacun se retrouve dans sa dignité ».
Des rencontres qui s’ajoutent à une rencontre
mensuelle initiée en 2006 avec
cinq autres associations, dont le CCAS :
« Un dimanche, retrouvons-nous ». Une
fois par mois, des personnes âgées, des
jeunes, des personnes en difficulté financière,
se retrouvent à l’Espace des Deux
Rives pour un goûter avec des animations
diverses. « Vient qui veut. Mais force est
de constater qu’il y a plus de gens seuls
que de pauvres au sens financier du terme »
.
Une aggravation de la solitude que Madeleine
attribue à l’augmentation de la
pauvreté qui « fait que beaucoup de gens
s’enferment, se replient sur eux-mêmes ».
Une situation qui risque de s’accentuer
avec la crise. D’où l’importance d’une
formation pour les membres des Conférences
afin que les trois lignes de force
de leur spiritualité puissent s’incarner
dans leurs actions : accompagner, écouter,
partager. Madeleine conclut : « Nous
devons travailler selon nos possibilités pour
donner et recevoir, en totale disponibilité ».
Le groupe m’apporte chaleur et amitié Maryvonne Dubourg habite dans la région de Bain-de-
Bretagne. Un groupe du Secours Catholique, démarré en
1976 à l’occasion du carnaval de Mardi gras, l’a aidée à
briser le mur de la solitude. Témoignage. |

La parole au cœur des rencontres La rave envoyé par pelerimages. Louis Méheust se définit comme un retraité du quartier Sainte-Thérèse qui veut user de son temps libre pour faire du social. Tous les vendredis après-midi, il anime une « RAVe » – Rencontres Amicales du Vendredi – à la Maison de Quartier de la Binquenais, à Rennes. Il présente ces temps où "on cause, on refait le monde et on prend plaisir à se rencontrer." « J’ai un service à vous demander : j’aimerais avoir une personne qui m’aide à ranger mes affaires et qui me parle… parce que la radio, c’est pas pareil. » Les appels de ce genre sont monnaie courante pour Louis Méheust et pour ceux qui l’accompagnent dans cette aventure humaine : Gilbert, diacre de la paroisse Sainte-Thérèse et Marie-Thérèse, une infirmière à la retraite. Un appel qui cadre bien avec le « cahier des
charges » de cette RAVe d’un genre un peu particulier :
« Du temps
libre – Envie de
parler – Quelque-fois un peu seul », et en
réponse : « Convivialité – Rencontre – Amitié
– Bonne humeur – Solidarité ». Des termes
à première vue banals. Et pourtant, pour
la trentaine de personnes qui fréquentent
régulièrement la RAVe, ce sont des mots
porteurs d’espoir et d’abord de vie. Deux
denrées rares pour ceux qui sont confrontés
à l’isolement pour cause de veuvage, de
maladie, d’indifférence du conjoint, et ce
indifféremment de toute condition sociale…« Nous accueillons des gens qui ne se sentent pas à l’aise ailleurs ». Louis évoque la figure d’un homme qui s’apprêtait à demander à son médecin des somnifères pour la nuit et le jour de Noël, car « sinon, il y a de quoi se suicider ». Du coup, avec son équipe, il a décidé d’organiser Noël le 31 décembre avec déjeuner ensemble, suivi d’activités du type belote ou scrabble, et d’un « café », le terme choisi pour désigner un temps de parole. Une parole qui est au coeur de ces rencontres : « Ils ont tous besoin de parler d’eux-mêmes et d’être écoutés. Ils vivent la solitude sans avoir toujours les mots pour la dire. Nous abordons des sujets qui touchent à la vie de tous les jours, des choses qui les intriguent, des maladies qui les touchent eux ou leurs proches. On essaie de répondre sans oublier d’être chrétiens, mais sans avoir la prétention d’enseigner ». Tout cela se vit autour d’un café, temps de convivialité, de simplicité et d’amitié. « Ils sont merveilleusement simples. Le partage a du sens pour eux, c’est aussi un acte de solidarité. Ils apportent le café et des gâteaux faits maison et ils prennent en charge la préparation et la vaisselle ». Un partage dont Louis avoue être le premier bénéficiaire : « Je vis un temps de bonheur au milieu d’eux ». Et il se souvient avec émotion de la poignée de haricots ou de poireaux apportée en remerciement : « Ils venaient tout droit de son jardin. Qu’est-ce qu’ils avaient bon goût ! » |

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