
En 2006, la ville de Rennes s’est enrichie d’une nouvelle communauté : une communauté inter congrégations et inter générations. Présentation d’une nouvelle forme de communauté qui réunit à ce jour quatre soeurs de congrégations et de spiritualités différentes, au service d’une seule et même mission .

Boulevard Sébastopol à Rennes, elles sont quatre venues de congrégations différentes : Le Sacré-Coeur de Jésus de Saint-Jacut- les-Pins, pour Marie-Antoinette ; la Providence de Ruillé-sur-Loir, pour Gaëlle Jacquier ; les Saints Coeurs de Jésus et de Marie, pour Chrystelle ; et la Divine Providence de Créhen, pour Ginette. Les trois premières sont là depuis 2006, date à laquelle a été fondée cette communauté unique en son genre. Ensemble, elles ont accepté de relever un défi de taille dans la société d’aujourd’hui : « donner à voir la vie religieuse apostolique et déployer nos intuitions qui sont source de dynamisme pour nous-mêmes et pour la vie consacrée ; dans le respect de chacune et sans aucun esprit de concurrence ou de comparaison entre les congrégations ».
« Apprendre à prier » Depuis deux ans, les Carmélites de Rennes et de Laval proposent aux
jeunes des « journées découvertes » de la prière, de la spiritualité
et de la vie au Carmel .
Cette journée comporte toujours un temps d’écoute d’une « parole solide », puis une réflexion personnelle reprise en groupe, la participation à l’eucharistie, un temps de prière silencieuse et le chant des vêpres. Chacune de ces journées a rassemblé quelques jeunes filles, et même des garçons venus avec le Service Diocésain des Vocations. Les thèmes retenus pour les deux autres journées de cette année, sont : « La prière et la Parole de Dieu » le 3 mars, avec la participation du père Jean-Michel Le Moal ; et « Habiter la prière du Notre Père », en novembre. Cette initiative répond à la demande formulée par Mgr Pierre d’Ornellas à son arrivée dans le diocèse : faire connaître et revivre le Carmel. Et elle s’inscrit dans une orientation d’ouverture du monastère rennais aux jeunes désireuses de s’engager à vivre la spiritualité du Carmel. Sr Marie-Bernard |
Ces quatre sœurs ont en commun le fondement de la vie consacrée qui n’est autre que le désir d’union intime au Christ. Mais elles le vivent à travers la spiritualité qui leur est propre : eudiste, ignacienne ou celle du Sacré-Coeur, sans pour autant vivre côte à côte. « Il y a une volonté de connaissance mutuelle et réciproque », explique Marie-Antoinette. Et Ginette renchérit : « Nous ne vivons pas côte à côte, mais ensemble ». Un désir de partage que Gaëlle traduit en ces termes : « Nous nous nourrissons de la prière et du charisme de chacune ». Et qui se donne à voir dans l’oratoire de la communauté où chacune a déposé un symbole personnel lié à sa congrégation pour signifier une appartenance.

Autour du symbole commun à toutes, une statue de Saint-Benoît écoutant, Chrystelle a déposé une icône de la Vierge du Signe qui porte Jésus en médaillon ; Gaëlle, une photo de la Maison Mère et la prière qui réunit toutes les soeurs de sa congrégation ; Marie-Antoinette, une icône du Christ transfiguré qui montre son coeur ; et Ginette, une pierre fondatrice de la Maison Mère portant l’inscription « Cor Amator Pauperum » qui est pour elles : « Coeur Passionné pour les pauvres ». Chaque jour, les soeurs se retrouvent le matin pour prier et porter la mission de chacune au cours de la journée, et le soir pour recueillir tout ce qui a été vécu.
Réunies en communauté pour une mission commune, chacune n’en a pas moins une mission propre. Gaëlle et Chrystelle ont un travail salarié, la première a un temps plein auprès des migrants comme assistante sociale, la seconde un mi-temps de comptable dans un établissement de l’Enseignement catholique, et un mi-temps d’étude à l’IFT, l’Institut de Formation Théologique pour les laïcs à Rennes. Ginette vit un temps de « Pause » professionnelle en suivant aussi une formation à IFT. Marie-Antoinette vit une retraite active marquée par de multiples bénévolats, le service de la maison. Autant dire qu’entre les activités, les engagements pastoraux de chacune et de la communauté dans son ensemble, et le retour de chacune dans sa communauté de référence au sein de sa propre congrégation, le rythme est souvent soutenu.
Outre la prière, ce qui rapproche et soude la communauté, c’est la mission communautaire, qui se déploie selon quatre axes : Vivre ensemble en se nourrissant de la richesse des différents charismes des congrégations présentes dans la communauté ; bâtir une communauté fraternelle ; être présentes auprès des jeunes ; être attentives au vécu professionnel, associatif. Ce qui ne va pas sans difficultés : éloignement par rapport à la source, écartèlement au niveau des agendas lorsqu’il faut « tout tenir ». Mais qui est porteur de grandes richesses. « Les soeurs de nos soeurs deviennent proches », explique Chrystelle. Gaëlle ajoute : « Tout ceci unifie sans jamais uniformiser ». Et Marie-Antoinette conclut sur une note d’espérance : « Ce projet est porteur de joie pour les gens et de renouveau pour l’Église et pour nos congrégations. »
La CORREF Jusqu’en 2000, les supérieurs(es) majeurs(es) réfléchissaient
chacun de leur côté, au sein d’instances séparées
– la Conférence des Supérieurs Majeurs de France, pour
les hommes, et la Conférence des Supérieures Majeures,
pour les femmes. À l’occasion du Grand Jubilé, est née
l’idée de travailler ensemble. Après plusieurs années et
étapes, est née la CORREF – Conférence des Religieux
et Religieuses de France. Présentation de la nouvelle
structure par Soeur Louise Touchette, supérieure générale
de la Congrégation des Filles de la Providence de
Saint-Brieuc.
En Ille-et-Vilaine, la CORREF propose chaque année une rencontre avec Mgr d’Ornellas et son Conseil épiscopal, réfléchit avec le père Marcel Aubrée, délégué diocésain à la Vie consacrée, anime des récollections avec ce dernier, et bien d’autres choses encore toutes orientées vers une plus grande vitalité de la vie religieuse, et vers le service des jeunes à travers les liens de la CORREF avec le Service Diocésain des Vocations. |