Dimanche 26 Mai 2013

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dossier publié dans Eglise en Ille et Vilaine n° 213 du 30 janvier 2012

La Vie consacrée dans le diocèse, entre tradition et nouveauté

Le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Vie consacrée. Le diocèse de Rennes compte un certain nombre de communautés religieuses féminines et masculines, dont quelques-unes qui sont nées en Ille-et-Vilaine. En dépit de la baisse des effectifs, les soeurs et les frères continuent à vivre du charisme de leurs fondateurs et fondatrices, même si les modes de vie ont changé. Le présent dossier envisage une autre forme de vie communautaire : celle vécue au sein d’une communauté inter-congrégations et inter-générations. Il présente une initiative du Carmel de Montigné en matière d’initiation des jeunes à la prière, et une institution transversale, la CORREF (Conférence des Religieux et Religieuses de France).
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Bureau du Réseaux Jeunes Religieux de l’Ouest, 2010.

Sommaire



lire aussi :

En 2006, la ville de Rennes s’est enrichie d’une nouvelle communauté : une communauté inter congrégations et inter générations. Présentation d’une nouvelle forme de communauté qui réunit à ce jour quatre soeurs de congrégations et de spiritualités différentes, au service d’une seule et même mission .

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La Communauté inter-congrégation (de gauche à droite) : Marie-Antoinette (Sacré-Coeur de Jésus de Saint-Jacut-les-Pins), l’accompagnatrice de la communauté, Chrystelle (les Saints Coeurs de Jésus et de Marie), Gaëlle (la Providence de Ruillé-sur-Loir), Ginette (la Divine Providence de Créhen).

Boulevard Sébastopol à Rennes, elles sont quatre venues de congrégations différentes  : Le Sacré-Coeur de Jésus de Saint-Jacut- les-Pins, pour Marie-Antoinette ; la Providence de Ruillé-sur-Loir, pour Gaëlle Jacquier ; les Saints Coeurs de Jésus et de Marie, pour Chrystelle ; et la Divine Providence de Créhen, pour Ginette. Les trois premières sont là depuis 2006, date à laquelle a été fondée cette communauté unique en son genre. Ensemble, elles ont accepté de relever un défi de taille dans la société d’aujourd’hui : « donner à voir la vie religieuse apostolique et déployer nos intuitions qui sont source de dynamisme pour nous-mêmes et pour la vie consacrée ; dans le respect de chacune et sans aucun esprit de concurrence ou de comparaison entre les congrégations ».

« Apprendre à prier »

Depuis deux ans, les Carmélites de Rennes et de Laval proposent aux jeunes des « journées découvertes » de la prière, de la spiritualité et de la vie au Carmel .
Nous nous sommes « jetées à l’eau » il y a deux ans sur le thème « la vie d’oraison  » ! Le Père Amouriaux y a donné l’enseignement et quelques carmélites le témoignage de leur expérience dans la prière.

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Promenade au carmel de Montigné.

Cette journée comporte toujours un temps d’écoute d’une « parole solide  », puis une réflexion personnelle reprise en groupe, la participation à l’eucharistie, un temps de prière silencieuse et le chant des vêpres. Chacune de ces journées a rassemblé quelques jeunes filles, et même des garçons venus avec le Service Diocésain des Vocations. Les thèmes retenus pour les deux autres journées de cette année, sont : « La prière et la Parole de Dieu » le 3 mars, avec la participation du père Jean-Michel Le Moal ; et « Habiter la prière du Notre Père », en novembre. Cette initiative répond à la demande formulée par Mgr Pierre d’Ornellas à son arrivée dans le diocèse : faire connaître et revivre le Carmel. Et elle s’inscrit dans une orientation d’ouverture du monastère rennais aux jeunes désireuses de s’engager à vivre la spiritualité du Carmel.

Sr Marie-Bernard


Ces quatre sœurs ont en commun le fondement de la vie consacrée qui n’est autre que le désir d’union intime au Christ. Mais elles le vivent à travers la spiritualité qui leur est propre : eudiste, ignacienne ou celle du Sacré-Coeur, sans pour autant vivre côte à côte. « Il y a une volonté de connaissance mutuelle et réciproque », explique Marie-Antoinette. Et Ginette renchérit : « Nous ne vivons pas côte à côte, mais ensemble ». Un désir de partage que Gaëlle traduit en ces termes : « Nous nous nourrissons de la prière et du charisme de chacune ». Et qui se donne à voir dans l’oratoire de la communauté où chacune a déposé un symbole personnel lié à sa congrégation pour signifier une appartenance.

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Les symboles des différentes communautés réunies au sein de la Communauté inter-congrégations

Autour du symbole commun à toutes, une statue de Saint-Benoît écoutant, Chrystelle a déposé une icône de la Vierge du Signe qui porte Jésus en médaillon ; Gaëlle, une photo de la Maison Mère et la prière qui réunit toutes les soeurs de sa congrégation ; Marie-Antoinette, une icône du Christ transfiguré qui montre son coeur ; et Ginette, une pierre fondatrice de la Maison Mère portant l’inscription « Cor Amator Pauperum » qui est pour elles  : « Coeur Passionné pour les pauvres ». Chaque jour, les soeurs se retrouvent le matin pour prier et porter la mission de chacune au cours de la journée, et le soir pour recueillir tout ce qui a été vécu.

Ensemble au service de la mission

Réunies en communauté pour une mission commune, chacune n’en a pas moins une mission propre. Gaëlle et Chrystelle ont un travail salarié, la première a un temps plein auprès des migrants comme assistante sociale, la seconde un mi-temps de comptable dans un établissement de l’Enseignement catholique, et un mi-temps d’étude à l’IFT, l’Institut de Formation Théologique pour les laïcs à Rennes. Ginette vit un temps de « Pause » professionnelle en suivant aussi une formation à IFT. Marie-Antoinette vit une retraite active marquée par de multiples bénévolats, le service de la maison. Autant dire qu’entre les activités, les engagements pastoraux de chacune et de la communauté dans son ensemble, et le retour de chacune dans sa communauté de référence au sein de sa propre congrégation, le rythme est souvent soutenu.

Outre la prière, ce qui rapproche et soude la communauté, c’est la mission communautaire, qui se déploie selon quatre axes : Vivre ensemble en se nourrissant de la richesse des différents charismes des congrégations présentes dans la communauté ; bâtir une communauté fraternelle ; être présentes auprès des jeunes ; être attentives au vécu professionnel, associatif. Ce qui ne va pas sans difficultés : éloignement par rapport à la source, écartèlement au niveau des agendas lorsqu’il faut « tout tenir ». Mais qui est porteur de grandes richesses. « Les soeurs de nos soeurs deviennent proches  », explique Chrystelle. Gaëlle ajoute : « Tout ceci unifie sans jamais uniformiser ». Et Marie-Antoinette conclut sur une note d’espérance : « Ce projet est porteur de joie pour les gens et de renouveau pour l’Église et pour nos congrégations. »

La CORREF

Jusqu’en 2000, les supérieurs(es) majeurs(es) réfléchissaient chacun de leur côté, au sein d’instances séparées – la Conférence des Supérieurs Majeurs de France, pour les hommes, et la Conférence des Supérieures Majeures, pour les femmes. À l’occasion du Grand Jubilé, est née l’idée de travailler ensemble. Après plusieurs années et étapes, est née la CORREF – Conférence des Religieux et Religieuses de France. Présentation de la nouvelle structure par Soeur Louise Touchette, supérieure générale de la Congrégation des Filles de la Providence de Saint-Brieuc.

  • La CORREF nationale rassemble quelque 380 responsables de congrégations religieuses ou de Sociétés de Vie apostolique masculines et féminines de France. Elle travaille par commissions  : théologie, droit canonique, prévoyance sociale, instituts et provinces à faible effectif, santé
  • La CORREF de chacune des 15 provinces ecclésiastiques travaille sous la houlette de deux coordinateurs – pour Rennes, il s’agit du Frère Hervé Asse et de la Soeur Anne-Marie Grapton.

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Les 4 membres de la CORREF de Rennes lors de la rencontre à Pommeraye les 28 et 29 novembre 2011.

  • La CORREF diocésaine est composée des supérieurs (es) majeurs (es) des congrégations. Elle représente une instance de dialogue avec l’évêque du lieu et le délégué épiscopal à la Vie consacrée. Ses objectifs : valoriser les charismes et la mission des divers instituts, tout en mettant l’accent sur ce qui fait l’unité entre les congrégations ; encourager la communion entre les instituts pour mutualiser les forces, et répondre davantage aux demandes émanant, par exemple des jeunes Églises ; être à l’écoute des défis du monde et voir comment les congrégations peuvent se stimuler pour y répondre au lieu de s’enfermer dans les problèmes propres à un grand nombre d’instituts concernant l’utilisation et l’entretien des bâtiments ou le vieillissement des communautés.

En Ille-et-Vilaine, la CORREF propose chaque année une rencontre avec Mgr d’Ornellas et son Conseil épiscopal, réfléchit avec le père Marcel Aubrée, délégué diocésain à la Vie consacrée, anime des récollections avec ce dernier, et bien d’autres choses encore toutes orientées vers une plus grande vitalité de la vie religieuse, et vers le service des jeunes à travers les liens de la CORREF avec le Service Diocésain des Vocations.
Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Janvier 2012