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dossier publié dans Eglise en ille et Vilaine n° 219 du 30 avril 2012

L'accompagnement spirituel à domicile des personnes en long traitement et fin de vie : un nouveau service diocésain

Dossier réalisé par Chantal GARY et Marie Christine TRAIN
En 2008, Mgr Pierre d’Ornellas a demandé à la Pastorale de la Santé de réfléchir à un nouveau service diocésain pour un accompagnement spirituel de personnes malades ou âgées à domicile selon leur attente, pour les accompagner, comme Jésus sur le chemin d’Emmaüs (Luc, 24), ou comme le bon Samaritain sur le chemin de Jéricho (Luc, 10). Dans ce dossier, Chantal Gary, en responsabilité de ce projet durant l’absence d’Annie Caret, présente les grandes lignes de la mise en place de ce service et ses orientations, et des personnes impliquées dans cette mission donnent leur témoignage.

Depuis la demande de Mgr d’Ornellas de concevoir le projet de ce nouveau service diocésain, quelles ont été les grandes étapes d’élaboration depuis 4 ans ?

>>>lire également : l’éditorial de Ch Plassart

Au début, nous n’avions rien pour nous aider à monter ce projet, si ce n’est la demande des Servantes des Pauvres de les épauler.

Mais entre cette demande de religieuses consacrées et la disponibilité objective de bénévoles-laïcs, l’astreinte que nécessitait un tel projet posait question. Un groupe de réflexion a tenté d’établir un cadre précis pour ce rôle d’accompagnant.

Ce rôle comprend deux orientations  :
La première : repérer les personnes susceptibles de répondre à cet appel. À cet effet, une lettre et un livret de présentation du projet ont été adressés aux curés doyens puis à tous les curés de paroisse pour information. Le but de cette démarche étant pour les personnes sollicitées de pouvoir répondre à cette question :« Vous sentez-vous à même de répondre à cette mission ? »

La seconde : concevoir une formation adaptée. Elle comporte 4 modules : psychologie et accompagnement, écoute et accompagnement, module médical, spiritualité et théologie. Au terme de la formation, se déroule un entretien d’évaluation qui aura lieu entre les formateurs et chaque personne concernée aboutissant ou non à un appel à la mission.

À qui s’adresse ce nouveau service diocésain ?

À toute personne, âgée ou non, soumise à un long traitement dispensé en milieu hospitalier ou à domicile, lui laissant pressentir qu’elle s’achemine vers sa fin de vie. Ces mots « fin de vie » sont difficiles à accepter et à dire.

À accepter  : Parce que le vivant même s’il sait « que la vie est une maladie héréditairement transmissible et toujours mortelle ».

À dire : Parce que dire que l’on va mourir à nos proches, c’est ouvrir ou fermer à jamais les secrets et les aspirations de son coeur et qu’il est peut-être plus facile de le confier à un tiers attentif et apaisant.

Témoignage de Marie- Madeleine,

personne relais pour le Pays de St-Malo (Nord) lors de son appel à Mission par le père Brindejonc le 12 février 2012

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Envoi en mission de Jacqueline dans l’Église de Monfortsur- Meu par le Père Thierry Simon.


« Lors de plusieurs visites à une dame hospitalisée, nous avons fait connaissance et prié ensemble, ainsi qu’avec son mari. Lorsqu’ils ont quitté l’hôpital, ils m’ont exprimé un regret : celui de ne pas pouvoir être accompagnés à leur domicile, parque que, là où ils habitaient, ont-ils dit, ils ne connaissaient personne qui le fasse. Ce regret a rejoint une demande qui m’avait été faite quelques mois auparavant par la pastorale de la santé. […] Si le lépreux, par Jésus et avec lui, rejoint la communauté des humains, le service d’aujourd’hui nous propose, ainsi qu’aux personnes souffrantes, de reconnaître leur place dans la communauté chrétienne pour leur transmettre que, dans la maladie, le Christ les accompagne avec attention et tendresse. »

Nous espérons que ce service permettra à l’accompagné de réaliser son « passage  » dans la Vérité et l’Espérance de la Résurrection. Q Envoi de Marie-Odile et Françoise, à l’église Ste-Jeanne d’Arc de Rennes, par le père Jean de la Villarmoy.

Pourriez-vous définir le rôle précis de l’accompagnant envoyé en mission ?

Son rôle est vraiment d’accompagner la personne au plus près de son attente La demande ne sera pas forcément spécifiquement spirituelle, il faut d’abord s’apprivoiser. Je crois que ce n’est surtout pas imposer ses idées, mais écouter et suivre le chemin de vie et de foi de la personne. Il s’agit d’une présence fraternelle au nom de l’Église qui peut, si la personne le souhaite, être un temps de ressourcement dans la foi par la prière, le partage de la Parole. Un des rôles des accompagnants sera aussi de faire le relais avec les prêtres pour les sacrements et le soutien des malades. Mais il ne doit pas y avoir de confusion : l’accompagnant ne doit pas se substituer aux services de la paroisse pour le port de la communion ou la visite à domicile du service évangélique des malades.

Prière d’envoi en mission

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Envoi en mission de Christine, Françoise, et Christian dans la paroisse N-D de Bonne Nouvelle par le Père Messu

Tu es béni, Seigneur, Dieu de miséricorde, toi qui nous a donné en ton Fils, Jésus Christ, le modèle suprême de l’amour et qui nous a donné par lui le commandement de nous aimer les uns les autres. Comble de ta bénédiction tes serviteurs que voici : Françoise, Christine, et Christian qui répondent à l’appel de l’Église du Christ, pour être présents aux côtés de nos frères et soeurs qui vont vivre leur fin de vie chez eux. Comble-les de ton Esprit pour qu’ils sachent trouver les mots et les regards qui apaisent, les gestes qui expriment ta tendresse, et qu’ils soient par leur présence attentive et priante le signe d’une église qui porte le souci constant de chacun de ceux qu’elle confie à chaque baptisé comme frères et soeurs.

Père Dominique Messu,
N-D de Bonne-Nouvelle, Rennes,
4 mars 2012.


Comment se concrétise la rencontre entre la personne en demande et l’accompagnant ?

Il est envoyé un tableau des coordonnées des personnes relais, par pays, à tous les aumôniers d’hôpitaux, de cliniques, les médecins de la Pastorale de la Santé, les curés. Ces personnes référentes, une fois contactées, discerneront de la pertinence de la demande. L’objectif est de faire du porte-à-porte de communication envers les CCAS, les ADMR, les pharmaciens, les médecins, les infirmières à domicile. Mais la question qui se pose est la suivante : « Comment aller dans ces milieux laïcs avec notre étiquette de chrétiens formés à un accompagnement spirituel ? » C’est une démarche très délicate !

Combien de personnes sont actuellement envoyées en mission ?

Sur les 45 personnes formées, 30 ont été envoyées dans les pays de Brocéliande, Fougères, Redon, Rennes, périphérie de Rennes, St-Malo, Cancale, Pleurtuit - Dinard. Actuellement, il y a une formation à Bain-de-Bretagne d’une quinzaine de personnes qui seront envoyées en octobre. C’est un projet qui a demandé énormément d’énergie, de forces vives. Aujourd’hui, ce sont des personnes qui sont formées, disponibles, généreuses et qui, je l’espère, vont avoir du « travail ». Elles l’attendent.

Témoignage de Valérie d’un accompagnement de fin de vie

« Je me suis retrouvée face à la fin de vie d’une tante, sans avoir anticipé, ni prévu… Je l’ai accompagnée avec grande simplicité. Je n’ai fait avant tout qu’acte de présence, d’observation et d’écoute pour être au plus près de ses attentes. À travers cette tante, j’ai découvert que je pouvais lui faire vivre de belles heures rien qu’en étant à ses côtés. […] J’ai senti que ma présence la tranquillisait et l’apaisait beaucoup. Ma tante a pu vivre une fin de vie paisible, ce qui lui a permis de « lâcher prise » et de quitter ce monde avec une grande sérénité… […] Je me sentais appelée à l’écoute des malades, voire même à l’accompagnement des personnes en fin de vie car ce que je venais de vivre m’avait interpellée et remuée intérieurement… »

Pierre, évoque la formation et ce qui l’a frappé

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Envoi de Marie-Odile et Françoise, à l’église Ste-Jeanne d’Arc de Rennes, par le père Jean de la Villarmoy.

« Au plan technique : j’ai été très heureux d’apprendre ce qu’était la « sédation ». Cet acte médical qui consiste à endormir un malade, quand cela va mal, et à le réveiller quelque temps plus tard, permet d’obtenir de bons résultats, en apportant souvent une grande sérénité. La sédation, vécue comme un repos bienfaisant, permet d’éloigner ou de diminuer l’anxiété. De plus, elle constitue une proposition à faire dès que l’idée d’euthanasie est évoquée. Au plan relationnel : nos états de vie différents (laïcs, religieuses, diacres), nos expériences diverses, nous ont permis de nous enrichir mutuellement, les uns les autres, et de tisser entre nous des liens très forts. […] Le 23 juin dernier, lors de la réunion de tous les stagiaires à Rennes, sous la présidence de notre Archevêque  : nous nous sentions en fraternité. »
Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Mai 2012

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