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Paru dans Eglise en Ille-et-Vilaine n°149, 19 janvier 2009

« Gardez courage » : vœux de Mgr d'Ornellas

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes
Mardi 13 janvier 2009 à la Maison diocésaine, Mgr Pierre d’Ornellas a présenté ses vœux au diocèse de Rennes. Il répondait au père Franck Téhel, vicaire épiscopal, et à des jeunes, qui se sont adressés à lui, au nom du diocèse, à la manière d’une lettre de saint Paul.
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Deux jeunes qui offrent leurs voeux à l’évêque de Rennes

Cher Paul, c’est toujours avec émotion que je relis tes Lettres, toi, mon frère aîné dans l’épiscopat. Tu as reçu l’imposition des mains des Apôtres, et tu as toi-même imposé les mains à ton cher Timothée. Tu es comme un premier chaînon puisque tu fus, pour ainsi dire, le premier Évêque, successeur des Apôtres. Tu as eu le privilège de vivre avec les Apôtres sans être l’un des Douze, appelés par Jésus.

Cher Paul, aujourd’hui, tu rends grâce à Dieu pour l’imposition des mains par laquelle Dieu donne à l’Église un nouvel évêque, ton frère dans le collège épiscopal, Nicolas qui est un don pour notre diocèse. Cher Nicolas, au nom de Paul, notre frère aîné commun, sois le bienvenu parmi nous. Tu es désormais un frère parmi les frères et cela sera pleinement vrai dimanche prochain, le jour de ton ordination épiscopale où tu deviendras successeur des Apôtres. Merci d’avoir fait comme Paul : tu as répondu oui à l’appel de l’Église.

Saint Paul m’impressionne toujours par son espérance.

En étudiant de près, comme l’archéologie le permet aujourd’hui, les circonstances de sa vie, nous voyons qu’il a vécu largement dans un monde païen. Il a prêché dans des villes où se dressaient de multiples temples, chacun ayant sa propre divinité. Il savait que les hommes cherchent à tâtons le vrai Dieu. Il allait de communautés en communautés qui n’étaient pas très nombreuses. Et pourtant, Paul surabonde de joie et invite à la joie : « Soyez toujours dans la joie. Laissez-moi vous le redire, soyez dans la joie ». Paul se fait ainsi l’écho de cette joie qui circule à travers les pages de l’Écriture Sainte, joie compréhensible puisque Dieu est avec son peuple.

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Mgr d’Ornellas devant le portrait de saint Paul

Cependant, saint Paul n’ignore pas les difficultés.

Il les a vécues dans sa chair. Il se présente avec sa faiblesse, « craintif et tout tremblant », parfois en « ne sachant pas quoi espérer ». Une fois, alors qu’il fait nuit et qu’il est en prison, il entend le Seigneur lui dire : « Courage ! » (Actes, 23, 11). Comme en écho de la Parole de Jésus qui dit à ses disciples : « Gardez courage ! » Cette parole a définitivement transformé Paul. Et c’est lui qui, à son tour, pourra dire : « Je vous invite à garder courage ». Paul ne pratique pas le volontarisme aveugle, il sait où est la source du courage véritable. En effet, il parle ainsi à ses amis : « Courage donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu » (Actes, 27, 21.25).

À mon tour de vous dire à tous et à chacun : « Gardez courage ! »

Que cette Parole de l’Écriture Sainte soit aujourd’hui, pour vous tous et pour tous ceux que vous aimez, une Parole vivante, une parole qui descend dans vos cœurs, une parole qui y suscite la vie, le dynamisme. Oui, il nous est bon de réentendre cette invitation en ce début d’année : « Mes amis, gardez courage ! »

Nous pouvons être troublés par la violence qui s’est déchaînée au Proche Orient. La paix était menacée. La paix fut à nouveau brisée. La paix est-elle donc possible ? Notre confiance en la paix n’est-elle pas fissurée ? Est-il encore possible de croire à la paix ? Oui, car Dieu suscite sans cesse des artisans de paix. Il est le Prince de la paix, il est capable de guérir les cœurs, d’en exorciser la violence pour que nos cœurs soient en paix et que nous devenions nous-mêmes artisans de paix.

Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour promouvoir la paix.

Chaque violence rencontrée dans les médias ou sur nos chemins doit nous inviter à croire davantage à la paix, à offrir nos cœurs à la guérison que leur procure le Prince de la paix. « Mes amis, gardez courage ! » Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour promouvoir la paix. Avec courage, sans vous laisser vaincre par le mal ou le désespoir, posez les gestes de réconciliation, de pardon, d’accueil. Avec courage, osons aller vers l’autre pour le connaître et l’estimer. De l’estime mutuelle naît la paix. Pourquoi cette année 2009 qui a commencé par une nouvelle guerre au Proche Orient ne serait-elle pas pour chacun de nous une année de paix ? Je veux dire une année où chacun de nous s’engage à agir, sans violence aucune, pour la paix, à nous encourager les uns les autres à poser des gestes et des regards de paix, à prononcer des paroles de paix.

Sûrement, cette année 2009 sera difficile pour beaucoup. La crainte habite de nombreux cœurs devant l’anxiété de perdre leur travail. La crise n’est pas un vain mot. Comme une onde de choc, elle touche les différents secteurs de l’activité. Mais, la solidarité n’est pas en crise. Elle est au contraire le remède, le chemin à parcourir face à la crise. Elle habite nos désirs les plus profonds. Elle doit surgir en geste de solidarité. « Gardez courage ! » en vous appuyant sur la solidarité, en posant le geste de solidarité que vous pouvez. La crise n’est pas une fatalité.

La solidarité enraye toute fatalité.

La solidarité croit qu’il est possible de chercher ensemble et de trouver les chemins où avancer. Avec courage, écoutons-nous les uns les autres et cherchons ensemble ces chemins. Nous pouvons offrir nos cœurs et nos esprits égoïstes à la guérison de celui qui nous invite à « nous aimer les uns les autres ». « Courage donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu » qui ne cesse de susciter la solidarité. La solidarité n’est pas morte. Que cette année 2009 soit une année de solidarité !

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Il n’est pas toujours facile d’oser dire à quelqu’un la Parole de Jésus : « Gardes courage ».

Pour cela, nous avons besoin d’entrevoir le chemin de son avenir, nous voulons être assurés pour savoir de quoi demain sera fait. Pourtant, il est toujours possible de dire : « Courage ! ». Chaque personne est unique, a une histoire sainte avec Dieu, qu’elle le sache où qu’elle ne le sache pas. Aucune n’est dans une impasse. Il y a toujours un avenir pour quelqu’un et chacun a, au fond de soi, la capacité d’avancer vers son avenir, en y étant aidé, en étant accompagné. Oser dire « courage », c’est s’engager dans l’accompagnement, dans la proximité. C’est aussi poser un juste regard, un regard plein d’estime et de confiance, un regard qui croit en chaque personne, en chaque jeune, en chaque malade, en chaque prisonnier ou en chaque personne âgée. Pour dire en vérité « courage », il faut changer de regard.

Il faut du courage pour « changer de regard »

Cette année 2009 conduit chacune des Communautés Chrétiennes du diocèse à travailler pour l’avenir. Il faut du courage pour « changer de regard », pour sortir de ses habitudes, pour aller vers les autres, pour oser leur annoncer une bonne nouvelle. Changer de regard est une aventure qui nous ouvre à la nouveauté de l’Esprit Saint, lui qui fait toute chose nouvelle, lui qui habite nos cœurs et chacune de nos Communautés, lui qui donne le désir de Dieu et qui désaltère la soif de le connaître, lui qui fait les témoins et suscite le désir d’annoncer le Christ. « Changer de regard », c’est se laisser habiter par l’Esprit de Pentecôte. Le 31 mai, dans toutes les Communautés Chrétiennes, nous implorerons le don de l’Esprit Saint.

Saint Paul nous redit à chacun d’entre nous : « Gardez courage, mes amis ! J’ai confiance en Dieu ».

Avec lui, continuons de vivre cette année. Pendant le Carême, nous pourrons vivre chaque jour avec une parole de l’Apôtre saint Paul. À Rome, nous irons en pèlerinage pendant la semaine Pascale. Nous irons prier sur la tombe de l’Apôtre Paul.

Nous pouvons remercier Dieu de nous avoir donné saint Paul.

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Le père Franck Téhel

Lui qui a dit oui avec courage. Son oui est un écho du oui quotidien que prononcent prêtres, diacres, consacrées. Son oui un est écho du oui quotidien que prononcent chaque matin les époux l’un à l’autre. Son oui est un écho du oui quotidien que disent chaque matin les parents dans leur mission éducative vis-à-vis de leurs enfants. Son oui est aussi un écho du oui quotidien que prononcent ceux qui vivent dans la fidélité à une parole dans leur service, leur métier ou leur engagement.

Le oui de Paul, écho finalement de celui de Jésus, est un encouragement pour tous ceux qui répondent oui à l’appel de Dieu. À vous tous, les jeunes qui voulez témoigner du Christ, à vous qui entendez son appel au fond de vos cœurs, je vous redis les paroles de saint Paul : « Courage, j’ai confiance en Dieu ! »

À vous tous, et à tous les chrétiens du diocèse, à chacun en particulier, à chaque famille, à tous ceux qui cherchent Dieu, tous ceux qui demandent qu’on leur parle de l’Évangile, à tous ceux qui sont engagés dans la mission, je voudrais dire avec beaucoup d’amitié : « Gardez courage ! ».

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