
| Télécharger l’homélie de Mgr d’Ornellas |
Voyez le chemin parcouru ! Foi et Lumière a commencé avec une immense détresse : celle d’une famille qui, avec ses deux enfants handicapés mentaux, vivait l’expérience de l’exclusion. Elle ne pouvait même pas participer au pèlerinage de son diocèse à Lourdes. Elle se confia à Marie-Hélène Mathieu qui, avec Jean Vanier, lança le projet audacieux d’organiser un pèlerinage à Lourdes réservé aux personnes handicapées mentales, à leurs familles et à leurs amis.
Ce fut le point de départ d’une aventure extraordinaire qui n’a cessé de s’approfondir depuis 40 ans pour faire jaillir cette conviction de Foi et Lumière : « Au moment où beaucoup d’enfants ayant un handicap mental sont supprimés avant ou même après leur naissance, d’autres abandonnés, Foi et Lumière a fait prendre conscience que la vie de toute personne est unique et sacrée. Même la personne la plus démunie est appelée à être source de joie et de paix dans l’Eglise et dans le monde, à donner toutes les richesses de son cœur, sa tendresse, sa fidélité ».
Au fil des réunions mensuelles des communautés, cette conviction apporte un soutien essentiel aux parents qui perçoivent mieux toute la beauté intérieure de leur enfant et découvrent qu’il peut être source de vie et d’unité. « Mais alors, se demandaient Bruno et Rozenn, peut-on dire ‘bienheureux’ notre enfant de 14 ans, qui ne peut ni marcher, ni se tenir assis, et qui tient difficilement sa tête ? Peut-on dire ‘bienheureux’ ce petit d’homme privé de langage verbal, qui a développé un langage du corps, du souffle, du regard, de la vocalise, du toucher, lui permettant d’exprimer l’essentiel ?


Il n’y a rien de facile dans ce chemin. Mais très tôt, nous nous sommes sentis portés par une énergie, une confiance, une espérance, non pas en la guérison de notre fils, mais en un bonheur possible… Pas d’angélisme cependant : la souffrance et le handicap ne sont pas des grâces. LA VIE, elle, en est une. La grâce, c’est de trouver la force et la joie de vivre, c’est de dire ‘oui’ chaque matin et d’assumer cette vie lourde. C’est de découvrir que la souffrance n’exclut pas la joie ».
Un membre « ami » faisait cette confidence : « Le plus beau souvenir du pèlerinage fut sûrement le bonheur qui se lisait sur les visages des personnes handicapées qui, pour le temps d’un weekend, nous accueillaient chez elles. C’est nous, personnes valides, qui étions invitées à leur ressembler. Car avoir la chance de voir des visages aussi radieux et émerveillés vaut bien la peine de se faire tout petit ».

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