Mardi 21 Mai 2013

L’Eglise et la société

Accueil > L'Eglise et la société > Croire... ou pas ?

Être antisémite, c'est être antichrétien

Une immense et douloureuse clameur s’est faite entendre pour manifester la vive réprobation de toute négation de la vérité historique de la Shoah.

Les propos scandaleux de Mgr Williamson servent de révélateur : la conscience commune est horrifiée en pensant qu’on puisse nier un tel drame !

« Je viens vous crier ma souffrance, m’écrit une dame, et celle de mes frères en Jésus-Christ. La terre se dérobe à mes pieds. Nous sommes tellement ébranlés par ces paroles prononcées par cet évêque négationniste. Je suis née en février 1940 et j’ai quelques souvenirs d’enfant. Entre autres : ces trains à bestiaux qui passaient à 200 mètres de la maison et leur roulement s’est gravé dans ma mémoire. Les paroles de ce prélat nous mettent mal à l’aise, nous torturent face à nos frères juifs. »

La vérité historique est si cruelle qu’il est insupportable de la nier. Qu’on relise la préface de François Mauriac au livre d’Elie Wiesel, La nuit.

Il faut aller plus loin. Pour les chrétiens, la vérité historique, à elle seule insupportable, a une signification spirituelle.

La volonté d’extermination du peuple juif est un blasphème contre Dieu qui a fait alliance avec lui.

La volonté d’extermination du peuple juif (la « solution finale » adoptée à la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942) est un blasphème contre Dieu qui a fait alliance avec lui. « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11, 29). Dieu est fidèle à son « alliance éternelle » (Is 45, 15) qu’il a scellée avec son peuple. Les prêtres et les diacres, les consacrés et d’autres laïques prient chaque matin aux Laudes en bénissant « le Dieu d’Israël » (Lc 1, 68). Chaque soir, à Vêpres, ils rendent grâce à Dieu qui « est venu en aide à Israël son Serviteur » (Lc 1, 54).

Nous reconnaissons ainsi que, dans le Christ, toutes les nations ont accès à l’alliance éternelle. En Jésus, elle est parfaitement accomplie et, en ce sens, « nouvelle ». Cet accomplissement ne donne pas une autre alliance. Le mot « nouveau » signifie qu’il vient de Dieu seul selon sa promesse et qu’elle est universelle puisque Dieu est unique et qu’il est le Père de tous les hommes.

Marie et les douze Apôtres sont juifs, eux qui reconnaissent que Jésus, parce qu’il est le Messie d’Israël, est le Sauveur des hommes. Ceux-ci « sont admis au même héritage, membres du même corps, associés à la même promesse » que Dieu a faite à Abraham et à sa descendance (cf. Ép 3, 6). Ils ne sont plus « étrangers aux alliances de la promesse  » (Ép 2, 12).

C’est pourquoi le Concile Vatican II a précisé que l’Église se reconnaissait dans la descendance et la vocation d’Abraham et qu’elle se « nourrit de la racine de l’olivier franc » qu’est Israël biblique (cf. Nostra Aetate n° 4).

Benoît XVI, lors de sa rencontre avec la Communauté juive en France, a dit : « Être antisémite, c’est être antichrétien » .

La Shoah est un drame unique et indicible. Rien ne lui ressemble. La nier, c’est nier la volonté diabolique de détruire l’alliance que Dieu a scellée avec son peuple.

Le chrétien qui reconnaît à quel point cette alliance est vitale pour lui, ne peut que s’insurger contre tous les propos négationnistes. Oui, il n’y a aucune place pour eux dans l’Église ! Ils sont « abjects », comme le dit le Grand Rabin Gilles Bernheim ; ils insultent gravement nos frères juifs, car ils insultent l’alliance que Dieu a scellée avec eux.

Cette insulte est insupportable et inacceptable pour des chrétiens qui savent qu’en Jésus ils ont part à l’alliance « nouvelle et éternelle ».

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Février 2009