Emmanuel de LONGEAUX ,
vice président de la Banque Alimentaire de Rennes
Combien de structures caritatives, comme le Secours Catholique, les Restos du Coeur ou le Secours Populaire ont été créées pour répondre à des urgences, alimentaires en particulier, avec l’ambition de ne pas durer. Elles sont, quelques dizaines d’années après, toujours actives…
Le développement économique des bonnes années n’a pas permis de résoudre le problème, bien au contraire ; la crise actuelle et l’arrivée de migrants totalement démunis n’ont fait qu’amplifier une situation dans laquelle nous nous étions installés.
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Pour la collecte des 25 et 26 novembre, la Banque Alimentaire doit mobiliser 700 à 800 bénévoles pour être présents par vacations de 2 heures aux portes d’une centaine de magasins alimentaires. Contact : Banque Alimentaire de Rennes 02 23 35 17 30 mail : ba-rennes.collecte@banquealimentaire.org |
Or les récentes décisions de l’Union Européenne, qui réduisent très fortement les ressources alimentaires mises à la disposition des organisations caritatives par celle-ci (-25 % en ce qui concerne la Banque Alimentaire de Rennes par exemple), reposent la question de l’attention portée aux plus démunis. Elles invitent par contrecoup à se poser la question de la générosité, de la gratuité et des dons des particuliers comme ceux des entreprises.
Il est pourtant évident que ce que nos frères démunis attendent, ce n’est pas seulement de quoi se nourrir, se loger ; ils attendent aussi attention, écoute et soutien pour retrouver une place dans une société qui les a négligés.
Le bénévolat, très développé dans les associations caritatives, manque déjà de bras dans la situation actuelle ; s’il faut consacrer plus de temps à rechercher des ressources financières ou alimentaires, pour compenser quantitativement les denrées que nous fournissait l’Union Européenne, le besoin en bénévoles se fera encore plus sentir.
L’accueil et l’accompagnement des personnes requiert aussi des bénévoles capables d’écouter sans juger… Mais l’expérience nous a conduit à constater que l’accueil de nouveaux bénévoles était possible pour peu que l’on sollicite et que la structure donne d’elle-même une image positive.
L’aide alimentaire, l’accueil des plus défavorisés, et tant d’autres missions dont l’Église ne peut se désintéresser, requiert malgré tout aussi quelques moyens fi nanciers ou en nature. Osons solliciter les entreprises comme les particuliers et répondons favorablement à ces sollicitations. Il en va d’un besoin d’humanité et de justice évident.
Le besoin d’accueil de nos frères les plus défavorisés n’est pas près de se tarir. Le quotidien vécu dans ce contexte donne aux uns comme aux autres (accueillants, accueillis) suffi samment de joies et de satisfaction pour que, sans optimisme béat, nous puissions faire nôtre ce mot prêté à Bernanos : « Osons l’espérance ».
Ces articles sont souvent extraits du bimensuel Eglise en Ille-et-vilaine... DEMANDEZ-NOUS UN N° GRATUIT !