RCF Alpha : Christian Reecht, vous êtes coordinateur diocésain de la Mission Ouvrière. Peut-on dire que la pastorale sectorielle définit votre démarche ?
Christian Reecht : L’histoire de la mission ouvrière démarre par la JOC. En 1927, quand elle a été créée par le Père Guérin elle avait en fait 2 visée. Tout d’abord les jeunes du monde ouvrier : les jeunes ouvriers évangélisent les ouvriers. Le 2e fondement c’est que les mouvements telle que la JOC vivent l’entre eux, par eux, pour eux, c’est à dire qu’ils se prennent en charge et prennent en charge l’évangélisation. [Cela] a marqué les adultes par la création de l’ACO, et les prêtres par la création des prêtres ouvriers.
Aujourd’hui, cette segmentation est-elle toujours une réalité à laquelle vous tenez ?
Nous trouvons effectivement que le monde ouvrier et populaire, n’est pas forcément présent dans les paroisses. Aujourd’hui le champ que l’on a à cultiver, le champ dans lequel nous sommes présents au niveau des mouvements (JOC, ACE, ACO), nécessite un travail sectoriel.
Hélyette Lelièvre, pourquoi VEA (Vivre Ensemble l’Evangile aujourd’hui. NDLR), mouvement d’action catholique, a choisi une toute autre démarche ?
Hélyette Lelièvre : En ce qui nous concerne, dans VEA, nous rencontrons des hommes et des femmes issus de tous les milieux sociaux, qui pour nous représentent la vie du monde, puisque nous avons l’occasion, lors de nos rencontres, de partager les événements de la vie. C’est à partir de cela que nous réfléchissons et que nous continuons à avancer. Les équipes de base choisissent un thème de réflexion pour le mois à venir. A partir de ce thème, chacun observe ce qui se passe autour de lui et en lui. (...) Si nous restons, par exemple entre femmes, il nous manque une dimension, la dimension de l’autre. Et le fait que nous soyons hommes et femmes ensemble nous permet d’échanger et d’entendre ce que l’autre peut connaître. Nous partageons et avançons ensemble. Moi je sais que je ne pourrais pas être dans un groupe où je ne serais pas avec des hommes, parce que je vis seule (...), et le fait d’être avec mes amis me permet de continuer à avancer, et surtout de continuer à vivre avec, en moi et autour de moi, la présence de Jésus.
Yves Marie Couet, vous êtes curé de paroisse à St-Hélier à Rennes, et membre de la communauté de l’Emmanuel. Est-ce que pour vous la paroisse est l’exemple typique d’une pastorale transversale ? Ou bien est-ce que malgré tout elle demeure sectorielle sans le dire ?
Yves-Marie Couet : Je pense qu’il y a les deux dimensions. Mais fondamentalement, je pense qu’elle est appelée à être transversale. Je me rappelle d’une image qu’avait utilisée le Pape Jean XXIII : je ne sais plus s’il parlait de la paroisse ou de l’Eglise, mais il parlait de l’image de la fontaine du village où tout le monde peut s’abreuver. Je pense que la paroisse doit être pour tous, quel que soit son milieu socio professionnel, sa culture, son pays d’origine, son âge. Cette communion paroissiale transcende les affinités humaines. C’est le signe que c’est vraiment Jésus qui rassemble les personnes et pas d’abord une affinité humaine. Mais par ailleurs, je pense que la paroisse a besoin de l’aide de groupes spécifiques : je pense aux tranches d’âge, aux situations familiales, aux milieux socioprofessionnels...
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