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Dossier publié dans Eglise en Ille et Vilaine n° 194 du 28 février 2011

CCFD Terre Solidaire, 50 ans et des défis

Dossier préparé par Edith CASTEL
Le CCFD-Terre Solidaire fête cette année ses cinquante ans. Les régions Bretagne et Pays de Loire fêteront cet anniversaire le 19 mars prochain de 10h à 22h30 à la salle du Triangle à Rennes mais aussi place de la Mairie. Un anniversaire marquant 50 ans de solidarité avec les populations les plus pauvres des pays du Sud et de l’Est ; 50 ans de partenariat, d’éducation au développement, de campagnes d’opinion ; 50 ans d’expérience. Présentation de l’évolution et des orientations d’une importante O.N.G. française de développement, et de l’Événement de rue concocté par le groupe des jeunes.
Fête du 19 mars 2011 à Rennes :
Intervention de Mgr d’Ornellas

(ouverture de la journée)
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Intervention Mgr d’Ornellas
19 mars 2011

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Quatre partenaires de 2007 : Intisar Abu Salem, Palestinienne des camps du Liban ; Diakité Mamadou (Mali) de l’AIDE (Association des Initiatives de développement) ; Nicolas Vargas (Argentine) de FEC (Association oecuménique de Cuyo) ; Abderrahman Messaoudi (Maroc) d’IDD (Immigration Développement Démocratie – France)

Fondé en 1961 pour lutter contre la faim dans le monde, le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) s’est engagé, très rapidement, dans des actions de soutien au développement. Aujourd’hui, le contexte initial s’étant modifié, les orientations du CCFD ont, elles aussi, évolué : plaidoyer, autres styles de campagne de sensibilisation, par exemple tout ce qui touche aux paradis fiscaux.

Le monde d’aujourd’hui est différent de celui des années 60. Françoise Moy, membre de l’équipe d’accueil du CCFD d’Ille-et- Vilaine, souligne « le poids grandissant de la finance ». Jean Laurent, le président de la Délégation, donne deux chiffres en matière de flux financiers : «  Lorsque 80 milliards de dollars vont vers les pays du Sud, sous la forme d’aides diverses, 800 milliards en reviennent vers les états prêteurs : exploitation des richesses minières, import/export, paradis fiscaux… ». Marcel Souchet, le trésorier, précise le vocabulaire : « Il y a eu une évolution : on est passé des pays du tiers monde, aux pays en voie de développement, et aujourd’hui aux pays émergeants. Sachant qu’un certain nombre de ces derniers, comme le Brésil, la Corée ou encore l’Inde, ont rattrapé les pays dits développés ». Jean Laurent complète : « En Afrique, les sociétés civiles de type coopératives sont en train d’émerger. Les organisations locales prennent le pouvoir, qu’il soit politique ou de régulation ». Face à cela, le CCFD milite pour « une reconnaissance de la parité dans les échanges, ce qui ne veut pas dire forcément l’équilibre ; et pour que les plus-values soient gérées par les pays qui les produisent et non par ceux qui les ponctionnent ».

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Elias Wakeem est Israélien arabe chrétien, Omri Gershon est Israélien juif non religieux, tous deux militent au sein de l’association « amitié » REUT SADAKA, basée à Jaffa, pour le dialogue entre Juifs et Arabes pour une reconnaissance de l’histoire...

La force de la synergie

Un simple regard sur les agendas des grandes rencontres internationales, suffit à mettre un élément important en lumière : la convergence des points de vue. Marcel Souchet explique : « Les thèmes évoqués il y a dix ans en catimini par les Forums sociaux font aujourd’hui l’agenda de la rencontre de Davos ». Jean Laurent donne des exemples locaux : « Prenez le Collectif de lutte contre les paradis fiscaux à Rennes, l’association Terres de Liens qui rachète des terres pour les mettre à disposition des jeunes agriculteurs, Habitat & Humanisme, et la Fondation de l’Abbé Pierre. L’ensemble, dans le respect des particularités de chacun, exprime une certaine harmonie, ce qui ne veut pas dire qu’ils seront totalement en accord pour des actions concrètes ».

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Macky Bah, partenaire du CCFD devant l’AEP de Saint Malo. Macky Bah, 54 ans, agronome, se bat depuis 1985 pour la stabilité de la Guinée Conakry au sein d’Acord, (Association de COopération et de Recherche pour le Développement).

Éduquer au dialogue

La première mission du CCFD, c’est l’éducation au dialogue en apportant les informations qui feront changer les mentalités, en provoquant à la réflexion par rapport à ce qui se passe ici et làbas, et en invitant les sympathisants à s’impliquer dans des actions concrètes. Par exemple : l’accueil des migrants à Rennes, en soutien à l’implication du Secours catholique, par le biais de visites et de cours d’alphabétisation  ; le travail avec des jeunes du CMR (Chrétiens en Monde Rural) qui sont allés au Paraguay pour mener une étude sur le soja ; ou encore la lutte contre les paradis fiscaux, ce système de pillage organisé qui dépasse de beaucoup les quelques pays traditionnellement désignés par cette étiquette. Marcel Souchet donne un exemple situé à quelques encablures de nos côtes : « Au plan juridique et financier, l’île de Jersey est le plus gros exportateur de bananes ! »

Éduquer au développement

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Ramia AWADA est une partenaire du MSL, Mouvement Social Libanais, en charge des mineurs incarcérés à la prison de Jounieh. Elle pose avec deux enfants d’origine libanaise.

Jean Laurent définit cette éducation comme « un éveil à une conscience économique, politique et relationnelle qui permet de prendre position dans le débat public ». Ce qui revient à dire aux gens qu’ils sont acteurs, et ce qui nécessite des formations, par exemple sur la finance solidaire : comment ça fonctionne ? Où s’adresser ? Ou bien la question de la souveraineté alimentaire, un point très important qui amène le CCFD à soutenir les économies locales, les agricultures familiales et coopératives, par opposition aux monocultures intensives destructrices en matière d’économie, d’écologie et de développement local.

Le choix de partenaires locaux Même si Jean Laurent définit le CCFD comme « une goutte d’eau », ce dernier chemine avec plus de 400 organisations de développement qui gèrent des projets dans 63 pays, ce qui l’amène à recevoir quelque 3 000 demandes d’aide par an. La règle d’or étant de ne pas intervenir dans les régions où de nombreuses ONG sont déjà largement présentes, et de favoriser le travail en réseau, plutôt sur des filières, comme par exemple la filière du riz dans un projet d’Afrique verte. Autre règle de base : le choix se porte uniquement sur des projets liés au développement. Par exemple : le CCFD ne construira pas d’hôpital mais il s’impliquera à fond dans un projet de santé communautaire à l’échelle d’un village, ou encore dans la prévention des risques sanitaires affectant les femmes. Il n’est pas rare que ce type d’action se joue en partenariat avec les Caritas locales oeuvrant sur le terrain du développement. Et qu’il mette en oeuvre divers types de financement, même si les fonds publics alloués par les états et l’Union Européenne sont aujourd’hui revus à la baisse, ce qui limite le rayon d’action de l’organisation.

Le lien avec l’Église

Il y a sept ans, la Conférence des Évêques de France réunie à Lourdes en assemblée plénière a interpellé un certain nombre d’organisations catholiques, dont le CCFD, sur la manière dont ils vivent la charité, et sur leur lien avec l’Église. C’est Monseigneur Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes et Président du Conseil pour la Solidarité, qui est chargé du lien avec le CCFD. Ce dernier travaillant volontiers en réseau avec divers organismes catholiques comme la Délégation Catholique à la Coopération, ou encore le Secrétariat de Justice & Paix. Tout en rappelant l’enracinement du CCFD dans l’enseignement social de l’Église et dans l’esprit du Concile Vatican II, Jean Laurent pose une question de fond : « Nos orientations sont-elles de nature à nourrir l’intimité croyante ? L’engagement proposé, est-il chemin de spiritualité, chemin de croyant ? » Et il conclut : « La réflexion sur le don donne un supplément de clairvoyance dans la croyance ». Une affirmation en droite ligne avec le Concile et les grandes encycliques.

L’équipe des jeunes du CCFD 35
a été chargée de l’organisation de l’Événement de rue.
Cyrille et Guillaume ont porté ce projet

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D’une manière générale, l’équipe des jeunes du CCFD35, les moins de 35 ans, soutient les objectifs de la Délégation diocésaine du CCFD d’Ille-et-Vilaine, avec une orientation spécifique vers les jeunes, entre 15 et 35 ans. « Nous sommes proches des jeunes par l’âge et par les actions que nous menons : formations, sensibilisation et communication à destination des aumôneries étudiantes et des lycéens », explique Guillaume.

En ce qui concerne l’Événement de rue, tout a commencé par la création d’une commission composée d’une dizaine de militants du CCFD de tous âges ayant plusieurs objectifs : rechercher les messages à la fois clairs et positifs que la commission voulait faire passer à cette occasion ; établir un déroulement pour le temps de rue ; créer un événement particulier autour de chacune des quatre thématiques retenues pour la journée : souveraineté alimentaire, migrations, égalité hommes/femmes, économie sociale et solidaire et plus particulièrement les paradis fiscaux.

Même si l’Événement de rue, à proprement parler, doit se dérouler de 14 h à 16 h, le temps de rue commencera place de la Mairie à Rennes, à partir de 10 h 30, avec un « Mur de Paroles ». Le public sera invité à réfléchir et à s’exprimer sur une question posée à tous : « Comment, moi, je peux changer le monde ? Dans mon quotidien, que puis-je faire pour faire évoluer la situation ici et là-bas ? » Les réactions des personnes seront écrites sur le Mur. Toujours sur la place de la Mairie, il y aura des stands proposant des informations et des tracts sur les actions du CCFD par rapport à chacun des quatre thèmes.

À 14 h, les participants à la journée des 50 ans seront invités à quitter le Triangle pour se rendre Place de la Mairie où les attendront l’équipe des jeunes et des artistes qui dérouleront les quatre thèmes. L’Événement se terminera à 15 h 30 afin que les participants à la journée puissent rejoindre le Triangle pour la suite des festivités.

Pour Guillaume, Cyrille et tous les autres membres de l’équipe des jeunes, la préparation de l’Événement de rue représente un moment de communication très important, et un souhait : « Nous voudrions que ce 50e anniversaire soit un événement pour tous. Nous voulons créer une dynamique autour de la solidarité internationale pour que tous les militants puissent s’impliquer dans ce mouvement et pour s’ouvrir aussi à d’autres. Une vision que Guillaume pousse encore un cran plus loin : « La solidarité internationale est un espoir pour demain. Car c’est en se connaissant mieux que l’on grandira tous ensemble »

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