Benoît XVI et l’Oecuménisme
On a beaucoup dit et écrit que Benoît XVI avait changé depuis l’époque où il était expert au concile Vatican II. Benoît XVI marquerait-il un retour en arrière par rapport aux déclarations conciliaires, et en particulier en ce qui concerne le Décret sur l’oecuménisme ? Aurait-il une conception de l’oecuménisme définitivement abandonnée depuis Vatican II ? Je voudrais m’appuyer sur de nombreux textes relativement récents pour souligner son expérience, ses engagements, ses déclarations et ses gestes dans le domaine oecuménique, avant de conclure sur les complexités des dialogues oecuméniques actuels, sur les limites de l’autorité personnelle à cet égard et sur l’espérance chrétienne en ce domaine.
Des réticences ?
1… Il est vrai que l’affrontement de Joseph Ratzinger avec le monde étudiant en 1968 l’aurait changé, qu’il aurait pris peur devant ce déferlement d’idées libérales qui auraient eu l’effet d’une rupture brusque d’un barrage qui immerge tout le paysage. Hans Kung raconte :”Il nous est arrivé à tous les deux que des étudiants bruyants d’autres facultés viennent faire un “sit-in” et nous empêchent de donner nos cours. Ce qui ne fut pour moi qu’une irritation temporaire eut manifestement un effet de choc durable chez Ratzinger”. Lorsque celui-ci prend connaissance, à Tubingen, d’un tract des étudiants de la faculté protestante de théologie, expliquant que la croix du Christ est une glorification sadomasochiste de la douleur (citation du livre "Benoît XVI”, de Bernard Lecomte), il combat avec virulence cette révolution culturelle qui prône le marxisme comme la meilleure formule pour créer un monde nouveau. De là peut-être l’idée de freiner quelques applications du concile qui auraient été au point de départ de certaines idées subversives.. Comme nous, il a aussi constaté le schisme de Mgr Lefèvre où l’on a mélangé à la fois les problèmes liturgiques qui pouvaient se discuter, avec les problèmes de liberté religieuse, d’ouverture de l’Eglise au monde, d’oecuménisme et de dialogue interreligieux définis par le Concile et qui, eux, ne sont pas négociables.
2. Une autre coupure a lieu en 1989, à l’effondrement des régimes communistes. Mais la réponse en Occident du moins, n’a pas été le retour à la foi. Elle a été plutôt le scepticisme total : rien n’est vrai. A chacun de voir comment il veut vivre ! En outre, ces événements ont été la cause d’un grand refroidissement entre catholiques et orthodoxes en raison de l’existence des “gréco-catholiques” “Entre ces deux ruptures, l’Eglise, humblement, entre les passions du monde et la gloire du Seigneur, trace son chemin”. dit Benoît XVI (juillet 2007)
3. Tout le monde garde en mémoire la Déclaration de la congrégation pour la doctrine de la foi qu’il avait signée en l’an 2000 :”Dominus Jesus”, dont les termes ont encore été repris en juillet 2007. Cela fit l’effet d’un vent glacial et d’un retour en arrière préjudiciable au dialogue oecuménique. Dysfonctionnement des congrégations romaines ? En tous les cas, maladresse psychologique. L’interprétation restrictive du “Subsistit in” était alors contestée de tous bords. Ces incidents ont aussi prouvé que des problèmes culturels, historiques et psychologiques s’ajoutaient aux problèmes théologiques. Sibiu, en septembre 2007, le cardinal Kasper a dit à ce sujet :”Je sais que ce document a heurté beaucoup de personnes, de frères et de soeurs évangéliques. Je ne suis pas insensible à cela, car les blessures et les douleurs de mes amis sont aussi les miennes. Mais l’oecuménisme serait douillet et faux s’il consistait seulement à être aimable les uns avec les autres. Le seul moyen d’avancer est le dialogue dans la clarté”. Au Consistoire de novembre 2007 consacré à l’oecuménisme, le cardinal Kasper a dit aux cardinaux, avec l’appui de Benoît XVI : “Ce n’est qu’en s’appuyant sur notre foi commune qu’il est possible de dialoguer sur nos différences. Cela doit se faire de manière claire mais non polémique. Nous ne devons pas heurter la sensibilité des autres ou les discréditer. Nous ne devons pas mettre l’accent sur ce que nos interlocuteurs oecuméniques ne sont pas et ce qu’ils n’ont pas. Nous devons plutôt témoigner de la richesse et de la beauté de notre foi de manière positive et accueillante...Cet oecuménisme d’échange n’est pas un appauvrissement, mais un enrichissement mutuel....” L’oecuménisme est un échange de dons : chaque confession chrétienne a un don de l’Esprit qu’elle doit approfondir et partager avec les autres. A cette occasion, certains cardinaux ont demandé un synode des évêques sur l’oecuménisme. Le cardinal O’Connor (Londres) a même demandé une rencontre avec toutes les confessions chrétiennes.
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PENTECÔTE
ENSEMBLE
25 000 catholiques
s’enflamment pour
la Pentecôte
en Ille-et-Vilaine