Samedi 25 Mai 2013

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30 écoles vivent 10 jours sans écrans

Se priver pendant 10 jours d’écrans à la maison ? Un pari qui peut sembler impossible à de nombreuses familles. Un défi que l’école St-Michel de Redon a pourtant relevé ces dernières semaines dans le cadre d’une démarche qui réunit actuellement une trentaine d’établissements scolaires catholiques en Ille-et-Vilaine. Une réponse concrète à l’appel du pape de faire place au silence dans notre monde de communication ?
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Télévision, ordinateur, console de jeu, tablette, smartphone… comment éviter aujourd’hui ces écrans ? Beaucoup de parents aimeraient trouver la pédagogie adaptée.

C’est l’école qui va les aider en proposant le défi « 10 jours sans écran » ou « 10 jours pour voir autrement ». Le principe : proposer aux enfants volontaires de diminuer au maximum, voire totalement, leur temps devant les écrans.

À l’école Saint-Michel, en janvier dernier, les enfants des classes de maternelle et de primaire ont d’abord répondu à une enquête. Anne-Françoise Rault, la directrice  : « Plus de 120 questionnaires ont été remplis. 65 enfants disent regarder un écran moins de 7 heures par semaine, 15 entre 7 et 10 heures et 40 plus de 10 heures ! »

Après toute une préparation, les enfants ont ensuite vécu le défi : du 19 au 29 mars, ils ont dû noter chaque jour les périodes de la journée où ils n’avaient pas regardé d’écrans. Des points ont ainsi été collectés individuellement et collectivement et ont permis de se situer dans le défi, sans esprit de compétition.

Une pédagogie des émotions

Mais le défi ne suffit pas. La réussite est surtout liée à une pédagogie originale qui a fait découvrir aux enfants les émotions qu’ils vivaient en regardant les écrans et leur a appris à en rester maître. Quand j’ai peur, je peux détourner le regard ou utiliser la zapette !

À Redon, les enfants ont dessiné ce qui leur fait le plus peur à la télévision. Les meurtres sont les images qui reviennent le plus souvent chez les primaires, les animaux et les fantômes chez les maternelles.

Cet apprentissage s’est doublé de propositions d’activités variées après l’école : astronomie, théâtre, palet, basket, chorale… Les parents et associations locales ont été mis à contribution. La directrice de l’école se félicite : « Ceux qui ont accepté de relever ce défi auront certainement apprécié un changement de rythme, des activités partagées, un temps personnel retrouvé. Nous proposerons en septembre, sur temps scolaire, une semaine où les après-midi seront consacrés entièrement à des activités sportives. »

Au-delà de l’école, c’est bien sûr à la maison que les enfants ont vécu leur défi. Lors de soirées-débat, préparatoires – y compris avec le fondateur de cette pédagogie, le québécois Jacques Brodeur – les parents et les frères et sœurs ont été invités à accompagner les enfants, à s’interroger, voire à relever le défi eux-mêmes  ! « Les familles, pour une bonne majorité, ont accepté le défi avec enthousiasme » conclut Mme Ruault.

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« Le bonheur partagé lors des 10 jours a motivé enfants et enseignants à partager plus de temps conviviaux » (A.-F. Ruault)

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